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 Combat éternel

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MessageSujet: Combat éternel   Sam 17 Mai - 16:24

Chapitre 1 : Poursuivi dans la forêt

Une heure de poursuite. Une heure pendant laquelle le Chasseur de Démons ne s’est pas arrêté une seule seconde. Il était environ trois heures de l’après-midi, dans la forêt d’Elwynn. Avec une connaissance parfaite de la forêt, il possédait un avantage certain sur les fantassins qui s’essoufflaient à courir derrière lui.
"Ils auraient mieux fait de rester chez eux à jouer aux cartes et à boire", se dit l’Elfe de la Nuit. Arrivés dans une partie de la forêt où les arbres sont très serrés, les fantassins ne virent plus l’Elfe de la nuit.

- Mais où est-ce qu’il est ?
- Sais pas, mais ouvrez l’oeil, il ne doit pas être loin!

En effet, il n’était pas bien loin, en fait, il était juste au-dessus de leurs têtes. Il avait grimpé dans un arbre et s’était caché dans ses branches. Les fantassins étaient sept, et il savait que ce combat ne serait pas d’un grand intérêt. Dès que l’un d’entre eux fut assez près, il sauta sur lui. Le fantassin s’écroula dans un cri de douleur, qui alerta ses camarades.

- Il est là!
- A l’attaque!

En vérité, les fantassins ne savaient que faire contre un tel adversaire. Ils n’avaient pas encore réussi à approcher un tant soit peu leurs épées du Chasseur de Démons que ce dernier avait déjà égorgé deux des leurs, dont celui qui était tombé à terre.

- Alors, toujours décidés à me faire la peau, se moqua l’Elfe de la Nuit..

Cependant, les Humains réagirent efficacement : ils encerclèrent le Chasseur de Démons, qui se dégagea d’un salto arrière. Il se réceptionna, se releva, et fonça sur un des cinq fantassins restants. Ce dernier leva son épée, et tenta de l’abattre, mais elle fut stoppée par l’une des lames du Chasseur de Démons avec une gerbe d’étincelles. L’autre lame alla s’enfoncer dans le cou du fantassin juste sous la pointe du casque de l’Humain qui s’écroula, mort. Les quatre survivants foncèrent vers le Chasseur de Démons. Ce dernier prit appui avec son pied droit sur la pointe au milieu du bouclier du premier fantassin, et lança son pied gauche dans le casque de l’Humain, qui tomba sous le choc. En retombant, le Chasseur de Démons planta sa lame gauche dans le cou du fantassin.

- Espèce de lâche, tu frappes quand il est à terre, hurla le chef des fantassins.

Le Chasseur de Démons pâlit de colère, et, si quelqu’un avait pu voir à ce moment ses jointures, il les aurait vues toutes blanches. L’Elfe fut prit de tremblements violents, et fut tenté un instant d’utiliser l’Immolation.

- Tous ceux qui ont osé traité Kanilova de lâche sont morts, mais lentement, très lentement, avec le plus de souffrances possible.

Sur ces mots, Kanilova se rua sur ses ennemis, et tua les deux derniers fantassins avec une facilité déconcertante. Lorsqu’il en arriva au chef des fantassins, celui-ci voulut s’enfuir. Comme il ne pouvait pas tourner sinon il se faisait rattraper, il fonça tout droit devant lui. Mais aucun Humain ne pouvait courir aussi vite que Kanilova. Il se maintint juste derrière le capitaine, et sauta. Il avait replié presque au maximum ses jambes contre lui, et tenait ses lames à l’horizontale. Il commençait juste à retomber quand il se tourna sur sa droite, et se pencha sur le côté. C’est alors qu’il détendit sa jambe gauche. Son pied atteint la nuque du chef des fantassins, qui tomba en avant, déséquilibré et entraîné par le poids de son armure. Kanilova retomba un genou à terre, fit une roulade avant, et se remit sur pieds. Il s’approcha tranquillement de l’Humain, et lui dit, d’un ton joyeux :

- Finalement, je ne vais pas te faire souffrir, je vais te faire rejoindre tes camarades sans douleur, ou presque, enfin, je ne sais pas, je ne suis jamais mort !

Il leva sa lame droite, et l’abattit avec un sifflement sur la nuque du capitaine. Il reprit ensuite la route du camp des Druides.
"Finalement, ces Humains peuvent offrir de bons combats", se dit-il.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Dim 18 Mai - 14:40

Chapitre 2 : Retour au camp des Druides

Dès qu’il fut de retour au camp des Druides, on lui demanda aussitôt :

- Mais pourquoi rentres-tu aussi tard, que s’est-il passé ?
- Je me suis un peu amusé avec des fantassins.

Avec cette réponse un peu simple, qui, au fond, n’était pas tout à fait fausse, les Druides retournèrent à leurs occupations.

Le camp était en fait une clairière dans laquelle se trouvaient plusieurs Anciens : des Anciens du vent et du Savoir essentiellement, mais aussi quelques Anciens Protecteurs, un Arbre d’Eternité et deux Anciens de la Guerre. On trouvait bien sûr une mine d’or envahie par les herbes folles dans laquelle se trouvaient 5 Feux Follets, quelques Puits de Lune, et les Autels de Cénarius et d’Elune. Après une prière adressée au Demi-Dieu tombé sous les coups de Grom Hellscream et à la Déesse de la Lune, Kanilova monta les marches plantées dans l’écorce de l’arbre, et rentra dans sa tente installée au milieu des branches d’un arbre, un Junalk, une espèce pouvant atteindre un âge très élevé (jusqu’à 5 000 ans pour certains) et mesurant en général plus de 100 mètres de haut.

Cette tente se composait d’une bâche de toile étanche tendue sur des rameaux, et d’un plancher en bois, sur lequel on trouvait des objets aussi variés qu’insolites : des livres en langue elfique et en langue humaine, quelques potions, des pièces humaines, etc... Kanilova s’assit en tailleur sur son lit, et se mit à méditer. Il passait parfois plusieurs heures ainsi, dans une immobilité de statue, à méditer sur le Monde. Cette fois-ci, il se concentra en particulier sur les autres Chasseurs de Démons qu’il connaissait, malheureusement tous dans d’autres camps que celui-ci. Il pensa aussi à la réunion que lui et les autres tiendraient ce soir, vers minuit, dans un endroit où se trouvait un autel en l’honneur de Cenarius, dans lequel était conservée une amulette que le Demi-Dieu avait bénie et offerte à l’un de ses fils. Ce dernier l’avait donnée aux Druides de ce camp en disant qu’un jour, un Elfe de la Nuit "à la fois noir et blanc" en aurait absolument besoin, et que, grâce à cela, il accomplirait de grandes choses. Ce Gardien du Bosquet, dit-on, était doté de la clairvoyance de son père. Personne n’avait jamais compris ses paroles.

Cette réunion était attendue avec impatience par tous ceux qui y participaient, car elle est l’occasion de combats d’entraînement bien autrement intéressants que les pitoyables combats qu’offraient les Humains.

- Kanilova, je sais que tu n’aimes pas que l’on te dérange, mais le chef veut te parler.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Ven 23 Mai - 19:54

Chapitre 3 : Une convocation qui tourne mal

Le Druide qui perturba ainsi la méditation du Chasseur de Démons s’appelait Jumanok. C’était un Druide Ours passé Maître dans sa formation, d’un naturel amical et pacifique, avec Kanilova s’entendait bien. Ils faisaient souvent des sorties ensemble, qu’ils prétendaient botanique, mais qui en général se révélaient plutôt être des embuscades contre les marchands qui ravitaillaient la ville proche de Guil’Run.

Avec un soupir, Kanilova sortit de sa tente, accompagné du Druide, et se rendit dans celle du chef. Dès qu’on y entrait, on sentait une aura apaisante, dans laquelle on pouvait reconnaître sans peine une amélioration du sort Récupération. Le chef était assis dans son siège de bois recouvert de peaux d’animaux. C’était un brillant Druide Ours, passé également Maître, mais plus puissant que Jumanok. A l’inverse de ce dernier, il était austère, peu enclin au rire, mais prompt à la colère. Il n’aimait pas Kanilova. Selon lui, il représentait une menace à lui seul, et la seule chose qui l’avait empêché de l’expatrier du camp avait été l’opposition quasi-générale des Druides du camp. La plupart du temps, lorsqu’il convoquait le Chasseur de Démons, c’était pour lui adresser des reproches, et presque toutes ces convocations se terminaient par des pertes de sang-froid et parfois même des insultes.

- Kanilova, pourquoi rentres-tu seulement maintenant ? Qu’as-tu fais qui ait pu être aussi long ?

L’interpellé échangea un regard avec Jumanok, et répondit à son chef :

- Je m’excuse pour mon retard, ô Ghal’Kil, mais ce que j’ai fait ne pouvait pas être fait plus rapidement, ou si peu.

- Tu n’as pas répondu à ma deuxième question, qu’as-tu fait, continua le chef.

Après une hésitation, le Chasseur de Démons lâcha :

- Je suis allé tuer quelques paysans humains, qui ont alerté la garde. J’ai fui à travers la forêt, et j’ai tué les fantassins qui me poursuivaient. J’ai dissimulé leurs corps.

Ghal’Kil resta un moment sidéré par ces révélations, mais il reprit ses esprits pour crier à Kanilova :

- Mais qu’est-ce que tu as dans le crâne pour commettre de pareilles sottises ? Même un enfant sait parfaitement qu’il ne faut jamais aller chercher des ennuis avec ces Humains ! Que dois-je en déduire ? Que tu n’as pas la moindre jugeote ?

- Ne croyez pas que je ne suis pas capable d’affronter des Humains, car c’est faux.

- Peut-être, mais cela ne te donne pas le droit de violer nos règlements. Et je sais, ou du moins j’ose l’espérer, que tu les connais. Et l’un d’eux dit que personne ici n’as le droit d’aller faire quoi que ce soit en dehors des limites de la forêt sans mon autorisation.

- Je reconnais que j’aurais dû vous demander l’autorisation, mais me l’auriez-vous accordé ?

- Sans doute pas, car je n’ai pas confiance en toi. Qui nous dit qu’à la première occasion, tu ne nous trahiras pas ?

- Vous êtes aveuglé par cette haine que vous vouez à mon Ordre. Vous pensez que nous ne sommes tous que des renégats, prêts à trahir notre peuple pour servir les Démons. Vous avez faux sur toute la ligne. Vous nous imaginez comme des répliques d’Illidan Stormrage, alors qu’il est le seul à avoir trahi son peuple. S’il est vrai que nous employons l’énergie démoniaque, elle ne peut pas nous corrompre, car notre pacte avec elle est désintéressé. Contrairement à ce que la plupart des Elfes pensent, nous ne sommes pas des serviteurs du Chaos, mais des guerriers au service d’Elune et de Cenarius. Vous et tous ceux qui nous haïssent n’avez aucune raison de nous rejeter ainsi. D’ailleurs je crois que votre haine à notre égard est provoquée par une ignorance presque totale à notre sujet. Ceci prouve que sur ce point, vous réagissez comme des Humains, qui ont peur de ce qu’ils ne connaissent ou ne comprennent pas.

Ghal’Kil reste coi pendant un moment, puis répond :

- Très bien. Si tu le prends comme ça, cette affaire va être vite réglée. A partir de maintenant, tu n’as plus le droit de sortir du camp sans me le demander. A présent, sors d’ici, je ne veux plus te voir.

Jumanok sort, mais il s’aperçoit que son ami est resté à l’intérieur. Il passe sa tête à travers l’ouverture de la tente, et voit que Kanilova s’adresse de nouveau à son chef :

- Vous ne savez pas reconnaître vos erreurs. Vous pensez que parce que vous êtes le chef, personne ne peut vous contredire. Vous haïssez des membres de votre peuple sans lesquels la Légion Ardente aurait détruit notre monde depuis 10 000 ans. Je ne comprends pas comment vous avez pu être choisi comme chef de ce camp, Ghal’Kil.

L’interpellé reste bouche bée. Comment ce Chasseur de Démons ose-t-il lui parler ainsi ?

- Tais-toi ! Tais-toi et va-t-en, avant que je ne te montre ce qu’il en coûte de me manquer de respect !

Jumanok tente de raisonner Kanilova, mais il sait qu’il est quasi-impossible de l’arrêter quand il a pris une décision, de plus, il est presque heureux de l’opposition de son ami, rien que pour le plaisir de mettre en pelote les nerfs du chef du camp. Le Chasseur de Démons réplique à son chef :

- Je ne me tairai pas, et je ne m’en irai pas non plus, car vous aussi, vous m’avez manqué de respect. Et parce que mon honneur est en jeu, je vous défie à l’extérieur !

- Soit, lâche le futur adversaire du Chasseur de Démons
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Sam 24 Mai - 19:00

Chapitre 4 : L’Enfer se déchaîne sur le camp

Ils sortent donc, et Jumanok se charge d’avertir les autres Druides du combat. Pendant ce temps, les deux adversaires entament une discussion plutôt nerveuse.

- Tu vas bientôt me supplier de te tuer pour que tu aies moins mal, cria Ghal’Kil.

- C’est ce qu’on va voir. Quand tu auras bien goûté la saveur de ma lame, tu parleras autrement.

- A propos, lâche ces lames, qu’on se batte sans armes.

Kanilova hésite un instant, puis devant les mouvements affirmatifs de la tête des Druides, lâche ses lames et les fait glisser loin de l’aire du combat. Entre-temps, les Druides ont formé un cercle très grand, pour délimiter l’aire du duel. Jumanok a été désigné comme arbitre. Avant que le combat ne commence, il définit les règles :

- Les adversaires n’auront pas le droit de demander de l’aide à qui que ce soit, ils combattront sans armes d’aucune sorte, et, enfin, ce combat cessera uniquement par l’abandon de l’un des combattants, et s’il n’y a aucun abandon, il cessera par la mort de l’un, ou bien par un délai que nous fixons à 2 heures. Pas de questions ? Etes-vous prêts ? Allez !

Sur ce cri, le combat est censé commencer, mais ni le Chasseur de Démons, ni le Druide n’entame immédiatement le duel. Kanilova se concentre sur son sort Immolation. Rapidement, il sent son mana parcourir son corps jusqu’à sa peau, s’embraser au contact de l’air, puis l’entourer de façon circulaire. Ghal’Kil, lui, lance son puissant Rugissement puis se métamorphose en ours.

Le Chasseur de Démons n’attend pas plus longtemps. Il se précipite sur son adversaire, et lance sa Brûlure de Mana. « Au moins, il aura beaucoup moins de mana, c’est une grosse perte pour un Druide ». Ce dernier accuse le coup en grognant, mais réagit en fonçant sur Kanilova, malgré l’Immolation qui roussit son poil et le fait gémir. Il lève sa patte, mais avant qu’il ne l’ait abattue, celui à qui ce coup est destiné envoie son poing droit dans la mâchoire du Druide.

Un peu étourdie, la Forme d’Ours met un petit moment avant de reprendre ses esprits, temps que le Chasseur de Démons emploie bien. Toujours avec son Immolation activée, il s’approche en courant d’un arbre, et met le feu à l’une des branches, qu’il brise. Il prend cette branche enflammée en ayant pris soin d’arrêter l’Immolation, pour éviter que la branche ne se consume entièrement et pour conserver un peu de mana.

Ghal’Kil se précipite vers lui, mais Kanilova Esquive le coup. Il contourne alors le chef du camp, saute sur son dos, et met le feu à la fourrure du Druide, qui se met à hurler de douleur. Le pyromane saute du dos de Ghal’Kil, et vient se placer devant lui. Cette fois-ci, il ne parvient pas à éviter la patte de la Forme d’Ours, qui l’expédie par terre, une belle trace sanglante de griffes sur sa poitrine.

Ce coup le plonge dans une colère indescriptible. Les Elfes sont en général très calmes, et ne s’énervent que lorsque vraiment ils ne peuvent plus contenir leur fureur, qui se révèle presque toujours dévastatrice, quel que soit la puissance de l’Elfe. Si cet Elfe cède rapidement à la rage, si en plus il possède une grande puissance, à ce moment-là, il devient plus destructeur qu’une tornade.

Kanilova se trouve précisément dans ce cas. Avant que Ghal’Kil ait pu faire quoi que ce soit, le Chasseur de Démons concentre toute sa fureur, l’énergie démoniaque qui se trouve en lui, et le mana qui lui reste, et se Métamorphose. La Métamorphose elle-même repousse le Druide, et ensuite, ce camp d’habitude tranquille connaît l’Enfer pendant quelques secondes.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Dim 25 Mai - 16:47

Chapitre 5 : Un nouveau combat

Le Démon qu’est devenu temporairement Kanilova déchaîne son pouvoir, et pas toujours sur son adversaire. Des boules de roche noires enflammées d’un feu vert chaotique s’écrasent partout, provoquant des déflagrations semblables à celle qu’une grenade produit en explosant. Tous les Druides Ours usent leur mana à lancer des Récupérations. Enfin, l’Enfer repart d’où il est venu. Les tentes, les arbres et les Anciens n’ont pas été atteints, mais là où se sont écrasées les boules de feu démoniaque règne un chaos indescriptible.

Enfin, le Chasseur de Démons reprend sa forme elfique, et constate avec un sourire que son adversaire est définitivement hors-combat. Le Druide Ours est face contre terre, dans sa forme elfique. Quelques Druides se rapprochèrent de leur chef, et tentèrent de le réanimer, en vain. Kanilova s’approcha, et dit aux Druides :

- Laissez-moi faire.

Il s’accroupit, et murmura à l’oreille de Ghal’Kil :

- Alors, imbécile, on a perdu ? On boude dans son coin ? Allez, montre que finalement, tu n’es pas si faible que tu en donnes l’impression !

L’effet fut immédiat. Le chef du camp se releva derechef, les yeux brillants et la mine furieuse.

- Kanilova, aurais-tu l’obligeance de me répéter ce que vient de me dire ? Je n’ai pas bien compris !

- Eh bien, tant pis, vous ne le saurez pas. Je n’aime pas me répéter, et ce n’est pas quelqu’un, ou plutôt quelque chose dans votre genre qui me fera changer d’avis*.

- Quoi ? Répète ça, si tu es un Elfe, éructa le Druide, cette fois vraiment hors de lui.

- Je suis un Elfe, mais comme je viens de vous le dire, je n’aime pas me répéter.

- Pourtant, c’est ce que tu viens de faire.

- C’est l’exception qui confirme la règle.

Jumanok, qui s’était jusque-là tenu à l’écart, vint séparer les deux rivaux.

- Allez, allez, le combat est fini. Maintenant, retournez à vos activités.

Kanilova se tourna vers son ami, et lui répondit calmement :

-Justement, nous sommes à nos activités. Et si tu retournais aux tiennes, mon ami ? Vois-tu, cette ... chose et moi avons des comptes à régler.

Le Druide Ours s’en alla immédiatement, peu soucieux d’admirer une joute verbale entre le chef du camp et le Chasseur de Démons.

- Je ne supporte pas tes paroles, Kanilova, articula Ghal’Kil, et malgré l’opposition que je rencontrerai de la part des Druides, je t’exclus de ce camp.

Ceci ne fit ni chaud ni froid à Kanilova.

- C’est cela. Je serai exclu de ce camp uniquement lorsque vous deviendrez intelligent, c’est à dire jamais.

- Tu a énoncé tes conditions, maintenant, à mon tour ...

- Sans vouloir vous contrarier, vous ressemblez de façon frappante à un enfant pourri et gâté de première.

- Je disais donc, cria le chef du camp, que ...

- Vous deveniez complètement débile, hasarda le Chasseur de Démons sur un ton ironique.

- J’en ai marre de cet idiot, hurla Ghal’Kil.

- Apparemment je me suis trompé. Voyons, qu’est-ce qu’il a bien pu dire ? Ah, oui, bien sûr, comment ai-je pu l’oublier ? Vous disiez que votre cerveau était aussi volumineux qu’une crotte de rat, c’est bien ça ?

- Je vais l’étriper !!

Sur ces mots joyeux, le Druide Ours tenta de balancer un « crochet du gauche », comme disent les Humains, dans la figure du Chasseur de Démons qui stoppa son bras (celui du Druide) avec le sien (le droit, vous suivez ?), dans la même position que lorsque vous voulez exhiber vos biceps pour épater les filles**. Pendant ce temps, les Druides se regroupaient de nouveau autour des deux rivaux, encourageant pour la plupart Kanilova, tandis que d’autres supportaient le chef du camp.

Ce dernier tenta de reculer pour mieux frapper ensuite son adversaire, mais celui-ci avait coincé le bras gauche du Druide Ours sous son bras droit. Avant que Ghal’Kil ait pu faire quoi que ce soit, le Chasseur de Démons lança son poing gauche dans le ventre de son rival, ce qui lui fit perdre son souffle. Kanilova lâcha alors le bras gauche du chef du camp, et lui expédia un coup de pied retourné dans la mâchoire, ce qui acheva de faire perdre au Druide Ours son équilibre. Il tomba par terre, et le Chasseur de Démons en profita pour récupérer ses lames.

Lorsque Ghal’Kil se releva, il eut l’agréable surprise de trouver les deux lames de Kanilova pointées dans sa direction.

- Mais tu n’es qu’un lâche ! Si tu veux te battre, pose ces armes !

De nouveau, la colère s’empara de Kanilova, mais cette fois, ne laissant plus aucune place pour la pitié. Pour la première fois de sa vie, le Chasseur de Démons eut envie de frapper le chef du camp, pas pour le mettre K.O, mais pour le tuer.

- Non.

Avec cette réponse, Kanilova perdit définitivement le contrôle de lui-même. Quand il se précipita sur Le Druide Ours, il n’entendit pas ce dernier crier. Sans réfléchir, il fendit l’air une première fois. Raté. A ce moment, s’il l’avait voulu, il aurait pu reprendre son self-contrôle, mais il ne saisit pas sa chance. Frapper. Tuer. Ces mots résonnaient dans son esprit qui n’admettait plus aucune pensée. Seulement l’instinct. Comme une bête stupide. La dernière chose qu’il perçut fut un cri de douleur, et un rire qui ne pouvait lui appartenir.



*note de l’auteur : il est clair que Kanilova cherche à ridiculiser et à faire enrager le plus possible son chef, mais il est très rancunier, peut-être encore plus qu’un Nain, et n’a pas digéré ce que Ghal’Kil a dit à son sujet (voir chapitre précédent).

**note de l’auteur : au cas où ceci vexerait des personnes du genre féminin, à celles-ci je suggère de lire à la place de : « ... vos biceps pour épater les filles », « vos muscles du bras pour impressionner les garçons ».
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Mar 27 Mai - 17:22

Chapitre 6 : Réveil difficile

Lorsque Kanilova se réveilla, il était dans l'Arbre d'Eternité, nommé Emerald Leaves, étendu sur un lit. Apparemment, le soleil se couchait. Plusieurs Druides Ours étaient présents, dont Jumanok, mais aussi quelques Druides Corbeaux, même si la plupart servaient de d'éclaireurs et de sentinelles dans les environs. Lorsque le Chasseur de Démons tenta de se lever, son ami Jumanok posa sa main sur sa poitrine en disant d'un air grave :

- Reste couché, mon ami. Nous avons beaucoup de choses à te dire. Premièrement, il faut que saches que, sciemment ou non, tu as tué Ghal'Kil, notre chef.

- Non, souffla-t-il, ce n'est pas vrai ? Jumanok, vous autres, arrêtez cette plaisanterie et dites-moi la vérité !
Un autre Druide-Ours s'approcha, et confirma Jumanok :

- Nous ne te disons que la vérité. Tu dois nous croire, Kanilova. Maintenant que tu es réveillé, nous pouvons t'expliquer clairement ce qui s'est passé à partir du moment où tu as semblé perdre ton contrôle.
Jumanok reprit la parole :

- Bien. Comme tu dois t'en souvenir, tu avais sérieusement énervé feu Ghal'Kil, puis vous en êtes venus aux mains. Tu as alors repris tes lames ( qui, je te le dis en passant, ont été ramenées sur ta plate-forme ), et il t'a alors traité de lâche. Et c'est là que tu as commencé... comment dire,... une espèce de transe. Tu semblais ne plus avoir conscience que de deux choses : ta haine, et Ghal'Kil. Tu t'es ensuite mis à essayer de le pourfendre. La première fois fut un échec, mais ton deuxième coup l'atteignit au cou. Il s'effondra par terre, dans une mare de sang, tandis que tu éclatais d'un rire... d'un rire,... Je ne peux pas le décrire, tellement il m'horrifia. Nous avons tous foncé pour tenter de le sauver, mais toi, tu nous en empêchais. Il était impossible de passer ou de lancer notre sort Récupération sans perdre un membre, sinon la vie. Et c'est à ce moment-là que tu es tombé par terre, inconscient. Nous avons alors immédiatement examiné Ghal'Kil, mais il était trop tard : il était mort. Je pense qu'en fait, il était mort sur le coup.

Cette nouvelle plongea Kanilova dans le désarroi le plus profond. Qu'avait-il fait ? Il s'était comporté comme un animal, sans réfléchir. Ses souvenirs revinrent alors à la surface. Son rire, la haine et la colère brûlante qui l'avaient poussé à agir instinctivement, suivant ses émotions. Et pour la première fois, Kanilova éprouva de la pitié pour l'Elfe qu'il avait tué plus tôt.

Jumanok tira son ami de la profonde rêverie dans laquelle il semblait plongé.

- Allons, viens. Le Tribunal est prêt. Nous n'attendons plus que toi pour débuter la séance.

- Vous n'allez tout de même pas me juger, s'alarma le Chasseur de Démons.

Le Druide Ours le regarda tristement, et lui dit :

- Hélas, si. Bien que nous considérions tous Ghal'Kil comme un vieil attardé mental complètement sénile et incompétent, ton acte est d'une telle violence, d'une telle horreur, en plus commis sur un Elfe de la Nuit, notre chef, que nous avons décidé à l'unanimité de convoquer le Tribunal de Justice.

L'abattement gagna tout à fait Kanilova. Que pouvait-il faire, à présent ? Même pas agir, juste subir. Son sentiment d'impuissance se transforma vite en colère, et il dut faire empire sur lui-même afin de ne pas se Métamorphoser. Il jura de se venger un jour de... de quoi au juste ?
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Lun 2 Juin - 16:25

Chapitre 7 : Le Jugement

- Allez, Kanilova, lève-toi, fit Jumanok en secouant son ami par l’épaule, et suis-nous.

Ce dernier s’exécuta, et quelques minutes plus tard, ils étaient à l’intérieur de l’Ancien du Savoir, High Knowledge. « Eh bien, pensa Kanilova, il n’ont pas cherché loin l’endroit où tenir ce maudit Tribunal ! ». Tous les Druides Ours étaient présents, mais certains Druides Corbeaux ne se trouvaient pas ici : ils devaient surveiller le petit village de Stonemaul, près de la forêt.

L’endroit, à défaut d’être beau, était assez impressionnant. Une gigantesque salle occupait presque tout l’intérieur de l’Ancien éclairée par des Feux Follets, le reste de l’espace étant réservé à l’entraînement des Druides Ours, à leurs études, etc... Au fond de cette salle décorée de magnifique dessins gravés dans le bois, se trouvait le Tribunal proprement dit. Le Juge, un Druide Ours austère, était installé sur un grand siège surélevé avec une table inclinée devant lui. Le Procureur, lui un Maître Druide Corbeau était juché de la même façon, à la gauche du Juge. L’Avocat de la défense se tenait près du siège du Juge. A en juger par ses pauvres vêtements, ce devait être un Adepte de l’Ours.

- J’ai pas besoin de toi, lâcha Kanilova.

- Tu pourrais au moins me parler poliment, répliqua l’interpellé. J’ai aussi autre chose à faire, alors fiche-moi la paix, O.K ?

- Ah ouais ? Et qu’es-ce que t’as à faire de si important ? Aller pleurer chez ta mère ?

- Retire-ça tout de suite, si tu ne veux pas avoir d’ennui !

L’assistance se tut. Le Juge n’esquissa pas un geste.

- Kanilova, chuchota précipitamment Jumanok, ne fait pas l’idiot, tu aggraves ton cas.

Le Chasseur de Démons se retourna vers son ami.

- Mais que crois-tu donc ? Que j’ai peur de quoi que ce soit ici ? Que le Tribunal me juge comme bon lui semblera, je m’en moque. Et si ce type-là me contrarie, tu peux être sûr qu’il rentrera chez sa mère en pièce détachées !!

Le public, choqué, se mit à murmurer d’un air inquiet. Le Procureur chuchota quelque chose à l’adresse du Juge, qui acquiesça.

- Si tu penses que ton arrogance m’effraie, tu te trompe du tout au tout, Chasseur de Démons, reprit l’Adepte Druide Ours.

- Et peux-tu me dire à quel point je n’en ai rien à ( verbe grossier ) ? Bon, maintenant, va-t’en d’ici en vitesse, on n’a vraiment pas besoin de toi.

Cette fois, l’assistance se mit à parler à voix haute, parfois même à crier. La Juge ordonna à l’Avocat de la Défense de partir, et imposa le silence.

- Bien, fit-il, une fois l’Avocat parti, maintenant, accusé, avancez-vous.

Ce dernier s’exécuta.

- Tout d’abord, je dois vous dire que votre conduite à l’égard de votre Avocat a été très mauvaise, et je dois vous demander de...

- Stop, je vous arrête, coupa Kanilova. Vous allez dire que je dois lui présenter des excuses, mais avant cela, il faut que vous sachiez que les seules personnes auxquelles j’ai par le passé présenté des excuses furent feu mes parents, et mon ami Jumanok, ici présent. Et je ne désire pas avoir de compte à rendre à qui que ce soit, à part à Elune. Que vous y soyez opposé, je m’en moque, mais n’espérez pas changer quoi que ce soit me concernant.

Il y eut soudain un nouveau silence dans la salle. Ce n’était plus un silence attentionné, mais un silence presque admirateur. Le Procureur prit la parole :

- Vous le voyez, votre honneur, l’accusé refuse d’admettre nos règles de bienséance et de politesse. Non content de manquer de respect à feu notre chef, il vient, sous vos yeux, de se déclarer incapable d’aller faire des excuses à une personne qui pourtant ne lui avait causé aucun tort. Sous quel prétexte ? « Je ne désire pas avoir de comptes à rendre à qui que ce soit », a-t-il dit. Or n’est-ce pas là ce qui a fait et continue de faire de nous une grande civilisation, le respect d’autrui, l’entraide, et l’amitié ? Et vous venez de constater que l’accusé ne respecte aucune de ces valeurs. C’est pourquoi je réclame pour lui l’enchaînement souterrain à perpétuité !

Ce discours avait mis le feu dans le cœur du public. La plupart des Druides qui étaient là applaudirent le Procureur qui se rassit, faussement modeste.

- Bien, bien. Maintenant que nous venons d’entendre le Procureur, accusé, la parole est à vous.

Kanilova s’avança donc, sous les regards, tantôt amicaux, tantôt hostiles, du public.

- Bon. Je suppose que vous savez tous les détails de mes actes d’aujourd’hui. Inutile donc de vous les rappeler. Je veux juste vous dire que je n’ai jamais agi sans raison, et que si j’avais pu m’empêcher de tuer Ghal’Kil, je l’aurais fait. Mais il faut d’abord que vous vous remémoriez la façon dont il m’avait parlé, tout à l’heure.. Je suis très rancunier, je l’avoue. Je n’ai pas toléré ses paroles vis-à-vis de moi. C’est pourquoi je l’ai défié, et à ce moment il aurait pu reconnaître ses erreurs, et ainsi survivre. J’admets que je n’aurais peut-être pas dû me moquer de la sorte de lui, mais je ne considérais pas encore l’affront que j’avais subi comme lavé. Ensuite, nous avons recommencé à nous battre, et j’ai récupéré mes lames. C’est alors qu’il commis la plus grosse et dernière erreur de sa vie. Il me traita de lâche. Et à ce moment, je jure que je ne perdis complètement le contrôle de moi-même. Il me fut impossible de m’arrêter. Je me souviens juste avoir agi à l’instinct. Je l’ai frappé, à la gorge je crois, et ensuite j’ai éclaté de rire. Non pas que j’eusse été content de ce que je venais de faire, mais plutôt que mon subconscient décida d’évacuer ainsi ma haine. Voilà tout ce dont je me souviens. Si vous désirer un autre témoignage que le mien, adressez-vous à Jumanok. J’ai dit ce que j’avais à dire. Jugez-moi, punissez-moi, mais n’oubliez pas ceci : je n’étais pas moi-même.

Sur ces mots, le Chasseur de Démons recula, et s’assit sur un siège en bois. Le public se remit à chuchoter, et aussi à regarder Kanilova avec dans le regard, de l’admiration, et pour certains, une once de pitié. Le Juge semblait perdu dans ses pensées. La lueur émise par les Feux Follets éclairaient son visage pensif. Le Procureur se pencha vers lui, mais il fut repoussé.

- Kanilova, reprit enfin le Juge, ton cas est très complexe, mais après en avoir compris les détails, et réfléchi à propos de tes actes, je pense que n’importe qui peut arriver à la même conclusion que moi. Je crois qu’en fait, il y a vraisemblablement une part de vrai dans ton récit, mais tu as menti concernant certains points.

- Lesquels, votre horreur, euh, pardon, votre honneur ?

Le lapsus ( ou erreur exprès ? ) fit rire tous les Elfes présents, à part les Procureur et le Juge, qui frappa le bois de sa table avec son marteau, en menaçant d’évacuer la salle.

- Je n’apprécie pas ton humour, Kanilova. Tiens-le-toi pour dit, car cela pourrait bien aggraver ton cas... Pour en revenir à ta question, eh bien sache qu’il n’est nul besoin de répéter ce que tout le monde ici sait.

- Ah oui, réplique le Chasseur de Démons irrité, dans ce cas il me semble nécessaire de vous dire que « ce que tout le monde ici sait », comme vous le dites si bien, n’est apparemment connu que par vous seul. N’ai-je pas raison, cria-t-il en se tournant vers la foule.

Décrire les cris qui s’ensuivirent reviendrait à décrire le bruit du tonnerre. Tonnerre qui força le Juge à hurler l’évacuation de la salle immédiate. Aussitôt, les voix retombèrent, et les Elfes quittèrent l’Ancien du Savoir en commentant vivement ce procès peu ordinaire. Kanilova s’apprêtait lui aussi à sortir avec Jumanok, quand la voix du Juge lui parvint :

- Kanilova, reste ici, j’ai encore deux mots à te dire.

Avec un soupir, le Chasseur de Démons se retourna, et répliqua haineusement :

- Dommage, parce que mon temps est précieux.

- Pas assez pour que tu t’en ailles avant que je ne t’aie dit que je te condamne à l’exil.

Le Juge observa attentivement Kanilova, afin de constater les effets de ses mots sur son interlocuteur. En vain. Ce dernier semblait aussi paisible que si on lui avait dit que le chef du village de Stonemaul avait juré sa perte. Le Druide Ours insista malgré tout :

- Cela ne te fait pas plus d’effet que ça ?

Ce à quoi l’interpellé répondit calmement :

- Si vous ne le voyez pas, c’est que vous êtes encore plus aveugle que je ne le croyait.

Le Juge s’indigna :

- Je ne te permets pas de me parler ainsi. Je te rappelle, au cas où, que tu dois avoir quitté le camp définitivement d’ici demain matin.

Le Chasseur de Démons se retourna, et sortit en maugréant :

- Ah, si seulement ils voulaient bien faire marcher leurs cervelles et être un peu moins borné, ils comprendraient, mais bon, personne n’est parfait
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Lun 2 Juin - 16:26

Chapitre 8 : La réunion

Le Chasseur de Démons rentra dans sa tente, en se disant qu’il regretterait sans doute un peu les Druides de ce camp. Surtout Jumanok. Il pressentait que son ami lui manquerait avant peu. Car il n’avait pas l’intention de rester ici, bien qu’il l’eût certainement pu, avec l’aide discrète de certains de ses amis.

Il se disait, en rangeant ses affaires les plus importantes et dont il aurait besoin pendant son exil dans son sac, que cela lui remettrait les idées en place, et que peut-être, il aurait l’occasion de se racheter. Ses préparatifs furent interrompus par l’arrivée inopinée de Jumanok.

- Alors, qu’est-ce que le Juge t’a dit, demanda-t-il, sans autre préambule.

Le Chasseur de Démons se retourna lentement, et répliqua d’un ton ironique :

- Ce vieux bouffon m’a exilé.

Son ami resta interdit à cette nouvelle.

- Mais... Ce n’est pas possible ?!

- Eh si, apparemment.

- ... Que vas-tu faire, mon ami ?

- Pour une fois dans ma vie, je vais obéir à quelqu’un d’autre que feu mes parents.

Le Druide Ours resta silencieux. Il savait que Kanilova n’aimait pas que l’on parle de ses parents, morts tous les deux 40 ans après la naissance de ce dernier, dans des circonstances inconnues. Et il tenait également à ne pas l’irriter en lui demandant pourquoi il avait décidé de partir.

Le Chasseur de Démons avait fini de ranger ses affaires. Il plaça délicatement ses lames dans deux fourreaux qu’il portait à la ceinture Il posa son sac sur son dos, et s’approcha en disant à Jumanok.

- Veille à ce que tout ici ( je dis bien tout, sans exception ) sois tel que je l’ai laissé en partant ce soir.

Le Druide Ours en avait les larmes aux yeux. Il se doutait que s’il revoyait son ami, ce ne serait pas avant longtemps.

- Je te promet que rien n’aura changé à ton retour, sanglota-t-il.

- Je ne dirai pas : « Ne pleure pas », car toutes les larmes ne sont pas inutiles. Tu dira au revoir à tous les Druides de ma part, n’est-ce pas ?

- Je le ferai. Tu peux compter sur moi.

- Bien. Alors, adieu, mon ami. Puisse Elune permettre que nous nous retrouvions un jour !

- Et pourvu que ce jour arrive, et rapidement !

- Je le souhaite aussi.

Ce fut sur ces mots que Kanilova, son sac sur le dos, quitta son ami Jumanok, sa maison en haut de l’arbre, puis le camp des Druides, en sentant de nombreux regards posés sur lui.

Il s’enfonça dans la forêt qu’il connaissait bien, son sac sur le dos. Il suivait un sentier tracé sur le sol depuis des centaines d’années, et qui le mena à une grande clairière. C’est là que devait se dérouler cette fameuse réunion à laquelle tous les Chasseurs de Démons de la région étaient conviés.

Arrivé à la limite des arbres, Kanilova constata que la réunion avait commencé sans lui. De nombreux Chasseurs de Démons s’étaient déjà assis autour d’une grande table, et festoyaient joyeusement.

Au bout de cette table était assis celui qui dirigeait les réunions de ce genre : un illustre Chasseur de Démons, qui avait, tout seul, repoussé une tentative d’invasion d’Ashenvale par les Démons, il y a 10 000 ans. Il était en tout point semblables aux autres, mis à part le fait qu’il portait sur sa tête un diadème d’or et d’argent, serti de diamants et d’émeraudes, symboles des étoiles et de la forêt. Les autres Chasseurs de Démons s’entraînaient dans la clairière, c’est-à-dire se battaient ( sans avoir pour autant l’intention de se blesser ) avec leurs deux lames, sans utiliser leurs sorts. Kanilova sourit, et s’avança.

- Salut à tous, Chasseurs de Démons, dit-il, suffisamment fort pour que tous puisse l’entendre.

Un grand silence se fit dans la clairière. Tous les Elfes de la Nuit tournèrent la tête vers le nouvel arrivant, qu’ils accueillirent comme il se doit.

- Salut à toi, Kanilova, s’exclamèrent-ils d’un seule voix. Nous t’attendions pour commencer.

- Il ne fallait pas, pensa-t-il. J’ai été retardé, parce que...

- Tu nous racontera ça à table. Viens boire un verre !

Il est temps de faire les présentations. Il y avait seize Chasseurs de Démons, sans compter Kanilova. Sur ces seize, six étaient en train de s’entraîner, et les autres étaient à table. Voici les noms de ceux qui s’entraînaient : Nyghon et Falan, Hyfor et Jilyar, Laënor et Qua’Gar ; et voici ceux de ceux ( c’est pas un beau français, mais bon... ) qui étaient attablés : Oyal, Hayal ( frères jumeaux ), Banoë, Idlo, Vajo, Ëlloar, Illùvar, Kellu, Oronssë, et Amaro, le chef de la réunion.

Ils s’entendaient tous parfaitement, et ils auraient volontiers organisé ce genre de réunions plus souvent, si ce n’était pas aussi dangereux : des patrouilles nocturnes d’Humains pouvaient parfaitement les repérer, et aller sonner l’alarme à Stonemaul, ce qui aurait eu des circonstances plutôt malheureuses.

Il s’assirent donc sur des chaises en bois, très confortables, « empruntées » à on ne sait même plus qui, et commencèrent le repas. Il y avait sur la table une abondance de fruits, de viandes, et de gâteaux secs, très nourrissants, dont les Elfes de la Nuit ont le secret. On buvait surtout de l’eau, mais il y avait aussi du vin. Les vignes elfiques produisent un vin très sucré et doux.

Alors que Kanilova était en train de manger une énième côte de porc ( il en était assez friand ), Amaro lui demanda :

- Alors, Kanilova, pourquoi as-tu été retardé ?

Le Chasseur de Démons sentit seize paires d’yeux fixé sur lui.

- Eh bien, il va falloir que je vous fasse un récit entier de mon après-midi, dans ce cas, dit-il.

- Oh non, tu ne sais pas raconter d’histoires, plaisanta Illùvar, un Elfe assez... sarcastique à ses heures, mais bon camarade en général.

- Laisse-le parler, Illùvar, fit Amaro, un sourire aux lèvres.

- Vers une heure et demie de l’après-midi, j’ai quitté discrètement le camp, pour me diriger vers le village de Stonemaul. Là-bas, j’ai fait un petit massacre de paysans. Mais à deux heures sonnantes, la patrouille étant de passage, un paysan en a profité pour hurler au secours. L’alarme fut donnée, et je m’enfuis, avec six fantassins et un capitaine à mes trousses. Pendant une heure environ ils m’ont poursuivi à travers les bois. J’espérais leur ôter l’envie de me courir après, mais ils continuaient. Alors je les ait attirés dans cette partie de la forêt, vous savez, celle où les arbres sont très serrés, et là j’ai tué les fantassins, puis leur capitaine. Ensuite, je suis rentré au camp. Le chef du camp, Ghal’Kil, avec lequel je ne suis, pardon, n’étais pas en de très bons termes, m’a convoqué pour connaître l’endroit où j’étais avant de revenir ici. Ca a dégénéré. Je vous passe les détails. J’ai fini par le défier. Nous nous sommes donc battus dehors. J’ai gagné le combat. Juste après celui-ci, nous avons recommencé à nous battre, verbalement cette fois. Ensuite il a essayé de me frapper, je lui ai rendu la monnaie de sa pièce, et alors j’ai récupéré mes lames. C’est à ce moment-là qu’il dit ce qu’il n’aurait jamais dû dire. Il me traita de lâche. Vous savez comme je suis, mes amis, et vous savez que je ne peux pas supporter d’être insulté de la sorte. De la suite, je ne me rappelle que ceci : j’ai d’abord essayé de le frapper une première fois, puis un cri de douleur, et un rire horrible qui n’était autre que le mien. J’étais dans une sorte de transe. Je ne contrôlais plus mon corps du tout. Je marchais à l’instinct. Ensuite, je me suis endormi, je crois. A mon réveil, on m’expliqua ce que j’avais fait. Sans le vouloir, ou pas, je venais de tuer Ghal’Kil. Je vous le dis : si j’avais pu ne pas commettre cet acte, je l’aurais fait, mais je ne l’ai pas pu. Immédiatement après, on me conduisit au Tribunal, pour y être jugé du meurtre que j’ai commis. Là encore, je vous passe les détails. Toujours est-il que le Juge me condamna à l’exil. Le temps de faire mon sac, de dire adieu à mon meilleur ami, et de marcher un peu dans la forêt, et me voici.

Tous avaient écouté son récit avec la plus grande attention, et aussi avec la plus grande gravité. Ils connaissaient bien Kanilova, et ils savaient qu’ils ne leur aurait pas menti sur des faits aussi importants. Tous étaient encore à remuer leurs pensées quand Illùvar prit la parole :

- Kanilova, tu connais l’ampleur de cet acte, comme nous. Et tu n’ignores pas que le pire crime qu’un Elfe de la Nuit puisse commettre, c’est d’en tuer un autre. Cependant, j’ai foi en toi, et je sais que tu ne nous a pas menti. Je suis certain que tu peux retrouver ton honneur pendant ton exil. Il y a sans doute de par le monde des gens qui ont ou qui auront besoin d’une aide comme celle que tu peux apporter. Je te suggère donc de parcourir la terre en aidant ceux qui sont dans le besoin, jusqu’à ce que tu sentes ton devoir accompli. A ce moment-là, tu pourras retourner fièrement au camp qui t’a abrité pendant si longtemps, en proclamant : « Moi, Kanilova, j’ai tué un Elfe de la Nuit. Pendant mon exil, je me suis racheté, et je jure par Elune que plus jamais mes lames ne goûteront de sang elfique ! »

La dernière phrase qu’il prononça fit rire tous les Chasseurs de Démons. Cependant Kanilova la prit au sérieux. Ce qu’Illùvar venait de prononcer n’était pas si dépourvu de sens que ça, après tout...

- Allez, maintenant, c’est l’heure de notre prière, déclara Amaro, interrompant Kanilova dans ses pensées.

A ce mots, tous se levèrent en riant, et se dirigèrent vers l’autel au fond de la clairière.

Illùvar était le premier de la file. Lorsqu’il arriva devant l’autel, il s’écria :

- Malheur !! On a dérobé l’Amulette !!

Un concert de cris et de lamentations s’éleva aussitôt du groupe des Chasseurs de Démons.

- Non, ce n’est pas possible !

- Vérifie bien !!

- Non, elle n’y est pas !

- Oh non !

- Il faut la retrouver !

- DU CALME, hurla Amaro.

Instantanément, le silence revint.

- Vous ne vous rendez pas compte du bruit que vous faites ? Nous allons finir par être découvert par les Humains !

- C’est peut-être déjà fait, fit observer Illùvar. Qui nous dit que ce ne sont pas eux qui ont dérobé l’Amulette ?

- Ce que tu dis se tient, dit sombrement Kanilova, mais je ne pense pas que ce soit eux.

- Pourquoi, dirent les seize Chasseurs de Démons.

- Parce que, répondit-il, des Humains auraient forcément laissé des traces ici. Vous pouvez regarder, il n’y en a pas. Ce qui signifie que les Humains n’y sont pour rien.

- Oui, fit pensivement Amaro, mais à quoi cela nous avance-t-il ?

- Eh bien, répliqua Kanilova un sourire aux lèvres, ça nous épargnera d’avoir à faire un gros carnage à Stonemaul pour rien.

Tous retrouvèrent le sourire. L’humour noir de Kanilova les avait toujours surpris.

- Bon, d’accord, céda Illùvar, mais ça ne nous indique toujours pas qui est derrière tout ça.

Kanilova ne répondit pas immédiatement. Il s’approcha de l’autel, renifla à la manière d’un chien de chasse l’endroit où l’Amulette était d’ordinaire posée, puis se retourna vers ses amis :

- Mes amis, comme vous vous en doutez, aucun Elfe de la Nuit n’aurait dérobé cette Amulette, les Nains sont trop loin d’ici, les Humains ne sont pas dans le coup, les Elfes de Sang, comme les Nains, ont leurs propres problèmes, le Fléau est à Northrend, les Réprouvés, commandés par la Banshee Sylvanas Windrunner, sont basés trop loin d’ici pour avoir envoyé des forces sans qu’on ne les ait repéré, les Orcs, les Trolls et les Taurens sont dignes de confiance je pense, et d’ailleurs trop loin également, et enfin, les bêtes sauvages n’auraient pas pu supporter le pouvoir de l’Amulette.

- Donc, interrogea Amaro.

- Donc, j’en déduis que ce sont les Démons qui ont dérobé l’Amulette !
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Lun 2 Juin - 16:27

Chapitre 9 : Le départ de l’Exilé

A ces mots, la plupart des Chasseurs de Démons s’écrièrent : « Non, c’est impossible ! », ou bien : « Il est fou ! Je refuse de le croire ! ». Le « fou » attendit patiemment que le calme revienne, les bras croisés. Enfin, Amaro et Illùvar lui demandèrent :
- Sur quoi appuies-tu tes déductions ?

-Eh bien, l’endroit où devait se trouver l’Amulette pue encore le Démon. Si votre odorat fonctionne encore, vous pouvez encore le sentir très bien. Et qui, à part des Démons, pourrait laisser cette puanteur ?

-Peut-être qu’un mage puissant aurait pu le faire, suggéra Oronssë.

-Non, répondit Kanilova après un moment de réflexion, lorsque l’on sent l’odeur d’un Démon, on la reconnaît immédiatement parce qu’elle vous fait aussitôt penser au mal, à la couleur noir, bref, à tout ce qui touche aux Démons. Et aucun mage ne saurait imiter ça.

-Même les Nécromanciens ? Eux qui côtoient les morts-vivants, les Démons et tout ça, n’eussent-ils pas pu le faire ?

-C’est vrai que cela aurait pu s’avérer vrai si les Nécromanciens côtoyaient effectivement les Démons. Ils font partie du Fléau qui s’est rebellé contre les Démons il y a quelques temps, donc l’hypothèse qu’un Nécromancien aurait dérobé l’Amulette et laissé l’odeur d’un Démon pour brouiller les pistes est obligatoirement fausse.

Un silence de mort s’installa dans la clairière. Silence qu’Illùvar rompit de cette manière :

-Bon. Maintenant que nous savons qui a dérobé l’Amulette, ou du moins que nous avons une piste, nous pouvons nous mettre à sa recherche.

-Oui mais, objecta Amaro, le seul problème est que nous tous devons rester ici, pour maintenir l’ordre. Les Humains continuent à ne pas écouter nos propositions de paix, prétextant que des Elfes leur causent trop de problèmes !

-Oups, murmura Kanilova.

-Oh, tu sais, la situation serait la même, que tu n’aies pas fait ce petit massacre ou pas.

-Ah bon, ça me rassure.

-Bon, ça ne résout pas la question. Il faut retrouver l’Amulette, mais à qui peut-on confier cette mission ?

La question resta sans réponse, jusqu’à ce que Kanilova intervienne :

-Je crois que je vais profiter de mes petites vacances pour casser du Démon et pour retrouver un joli joujou magique !

-Soit un peu sérieux, Kanilova, fit en souriant Illùvar. Merci.

-Oui, merci, reprirent en même temps les autres Chasseurs de Démons.

-De rien, leur répondit Kanilova. Mais j’espère que de votre côté, vous n’oublierez pas votre tâche en pensant trop à moi. C’est tout ce que je vous demande, faites bien votre devoir, et, de temps en temps, ayez une petite pensée pour un Elfe fou qui part se faire tuer gaiement.

Sans mot dire, il se dirigea vers l’endroit où il avait posé son sac, et revint vers ses amis.

-Mes amis, dit-il gravement, c’est ici que je vous quitte. Ce sera peut-être pour toujours, et peut-être pas. Nous verrons. Ne soyez pas tristes, et faites ce que je vous ai demandé. L’heure de mon départ est venue. Au revoir, mes amis.

Un part un, les Chasseurs de Démons vinrent serrer la main de Kanilova en lui adressant quelques mots. Illùvar était le dernier. Lorsqu’il serra la main de son ami, il lui dit à voix basse :

-Au revoir, Kanilova. Puisse Elune t’aider durant ton périple. Quant à nous, nous nous reverrons avant la fin, je le sens.

Kanilova était un peu surpris, mais il n’en laissa rien paraître. Illùvar avait toujours manifesté un certain don de voyance, qui lui avait permis plus d’une fois de se sortir de situations périlleuses.

Enfin, il posa son sac sur son dos, et sortit de la clairière en levant la main en signe d’adieu, et s’enfonça dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Mar 3 Juin - 19:19

Chapitre 10 : Les Archères

Le Chasseur s’arrêta pour se reposer quelques instants dans une grotte, sur le flanc d’une colline verdoyante. Dès les premières lueurs de l’aube, il se remit en marche.

Bien qu’il ne soit pas extrêmement casanier, il ne connaissait pas cette partie de la région. Il traversait à présent un pays totalement dépourvu de végétation. « Aucune maison à l’horizon, pensa Kanilova, quel dommage, j’aurais bien aimé qu’il y ait une auberge ! » Il continua néanmoins, et chemina tout le jour entre les collines abruptes qu’il rencontrait sur son chemin, et continua même après que le Soleil se fut couché à l’occident.

Il s’étonnait de voir cette région si abandonnée de toute forme de vie et de toute habitation. Enfin, il crut apercevoir au loin une forêt d’arbres élevés. « Enfin, se dit-il, avec de la chance, des Elfes de la Nuit ont élu domicile ici, et je pourrais leur demander des explications sur cette terre désolée. »

Il remit cependant son projet au lendemain, car il était fourbu. De plus, il n’avait rien mangé depuis deux jours. Il s’arrêta en plein milieu d’une plaine, et entreprit de faire une feu avec les quelques brindilles qu’il trouva. Au bout de plusieurs essais, il réussit à obtenir une bonne flamme, qu’il se mit en devoir d’alimenter.

Après que son feu fut conforme à ses désirs, il sortit de son sac un morceau de pain et une gourde à laquelle il but quelques gorgées d’eau. Kanilova était extrêmement prudent à propos de ses provisions, et il avait décidé de se rationner avant de partir. Après avoir mangé son bout de pain, il sortit de son sac sa couverture, s’enroula dedans et sombra dans un profond sommeil. Il fit de nombreux rêves, mais il ne se souvint d’aucun d’entre eux à son réveil.

Il se leva aux premières lueurs de l’aube, s’étira quelques instant, puis rangea ses affaires avant de repartir en direction de la forêt qui se faisaient de plus en plus grande au fur et à mesure qu’il avançait.

Il arriva à la lisière de la forêt en fin de matinée. Lorsqu’il pénétra à l’intérieur, il sentit aussitôt des yeux fixés sur lui. Il continua d’avancer en souriant, percevant des mouvement infimes dans les branches des arbres au-dessus. Il parvint dans une clairière en forme de cercle, et à ce moment il perçut des présences tout autour de lui, dans la pénombre de la bordure de la clairière.

-Montrez-vous, qui que vous soyez. Je ne vous vois pas, mais je sais que vous êtes là.

Un hululement de chouette s’éleva de derrière un arbre. A cet instant, une vingtaine d’Archères sortirent des fourrés en bandant leurs arcs. Un rugissement retentit à ce moment dans toute la forêt. Kanilova sursauta, contrairement aux Archères qui semblaient s’y attendre.

Quelques secondes plus tard, un superbe tigre blanc bondit hors des buissons et s’avança au petit trot vers Kanilova. Sur son dos était montée une Elfe de la Nuit resplendissante dans son armure blanche étincelante. Sa peau avait la couleur du satin, ses longs cheveux bleu marine pendaient librement dans son dos. Elle ne portait pas de casque, mais tenait à la main un arc enchanté enveloppée d’une aura azurée. « Eh bien, pensa le Chasseur de Démons, en voilà une beauté ! ».

Et il avait raison de le penser. La Prêtresse de la Lune qui se tenait devant lui était vraiment très belle.

- Qui es-tu, Chasseur de Démons, interrogea-t-elle d’une voix douce.

- Je m’appelle Kanilova, répondit l’interpellé. Et vous, qui êtes-vous ?

- Mon nom est Celebel*. Et voici mes sœurs, les Archères de la forêt de Kalorn*. Que viens-tu faire en ces terres, Kanilova ?

- Je suis un voyageur. Je parcoure le monde, accomplissant une quête dont le secret doit rester entier. Et ce pourquoi mes pas m’ont mené en cette forêt, c’est parce que nul part ailleurs en ce pays je n’ai pu trouver d’habitations ou même quelqu’un à qui je puis demander où je me trouvais. J’ai aperçu cette forêt hier, et je suis venu, dans l’espoir que des Elfes de la Nuit qui se seraient installés ici pourraient m’indiquer où je suis.

Pendant qu’il disait ces mots, les Archères baissèrent leurs arcs, et commencèrent à se parler à voix basse. La Prêtresse de la Lune semblait réfléchir, quand soudain une des Archères s’avança. Elle dit alors, pleine de fougue :

- Prêtresse, il est évident que ce Chasseur de Démon ment. Que viendrait faire un voyageur ici ? Et quelle est cette prétendue quête, dont il ne veut rien révéler ? Voilà assez de raisons, je pense, pour en arriver à la conclusion suivante : il doit partir de cette forêt et ne plus jamais remettre les pieds ici !

Elle acheva son petit discours en regardant le Chasseur de Démons en souriant méchamment.

- Paix, Unshu. Qu’est-ce qui te pousse ainsi à ne jamais faire confiance aux étrangers ? Le dernier étranger qui s’est aventuré ici, tu me l’a ramené avec trois flèche plantées dans le corps !

Le Chasseur de Démons déglutit péniblement.

- C’est le fait, reprit hargneusement Unshu, qu’il nous mente de cette manière, et qu’il ne veuille rien nous dire de cette « quête » ! Un voyageur ne s’aventurerait jamais ici !

- Un voyageur banal, peut-être, articula lentement Kanilova, mais un Chasseur de Démons en mission, pourquoi pas ?

- En mission ? Vraiment, murmura Unshu de manière à être entendue de tout le monde. Et pourquoi cette mission ne doit-elle être révélée à personne ?

- Tout simplement parce qu’elle est très importante, et le monde tel que vous le connaissez risque très certainement de disparaître si je ne mène pas à bien la mission qui m’a été confiée.

Pendant ce temps, la Prêtresse de la Lune semblait toujours absorbée par ses pensées.

- Ha ! La bonne vieille excuse pour ne rien dire de plus, n’est-ce pas ? Mais nous crois-tu réellement assez idiotes pour croire à tes sornettes ? Franchement, je savais que les Chasseurs de Démons n’étaient pas très malin, mais là...

- Si tu a un problème, je vais te le régler tout de suite, cria Kanilova.

- Dans ce cas, tu vas très vite le regretter !

A ce moment, Celebel sortit de sa rêverie et banda son arc en s’adressant à Unshu :

- Mais tu serais morte avant d’avoir esquissé un seul geste, Unshu ! Maintenant, cela suffit ! Tu vas à présent t’excuser et te taire une bonne fois. Je fais confiance à ce Chasseur de Démons, que ça te plaise ou non.

La mine défaite, l’Archère s’avança en traînant les pieds vers le Chasseur de Démons et murmura vaguement : « ‘Scuse-moi » puis revint à sa place dans le cercle de ses sœurs.

- Bien, c’est déjà ça. Maintenant, rentrons. Il est bientôt midi. Allez, en route, mes sœurs !

A cet ordre, les Archères se placèrent aussitôt en colonne, et se mirent en marche au pas de course. Le Chasseur de Démon reposa son sac sur son dos, et s’apprêta à les suivre, quand Celebel s’approcha sur son tigre en lui disant :

- Allez, monte. Shadowcat peut bien nous porter tous les deux.

- Qui ça ?

- Mon tigre, répondit-elle en riant. Allez, monte.

Kanilova ne se le fit pas répéter. Il grimpa sans efforts sur le dos de Shadowcat, derrière Celebel. Celle-ci murmura quelque chose à son tigre qui ronronna un instant puis fonça à travers les bois. Kanilova s’adapta peu à peu aux rebonds. Pendant qu’il « chevauchaient » dans la forêt, précédant les Archères, Celebel demanda :

- Kanilova, dis-moi, où es-tu né ?

Le Chasseur de Démons baissa la tête. Parler de son passé n’avait jamais été chose facile pour lui. Non pas qu’il ne s’en souvienne pas très bien, c’était juste que quelque chose en lui nouait sa gorge au moment où il voulait en parler. Surtout lorsqu’il essayait de parler à propos de ses parents. Pourtant cette fois-ci Kanilova fit un effort sur lui-même et se força à répondre :

- Je ne suis pas né ici. Je suis né dans les terres lointaines de Kalimdor, dans la forêt d’Ashenvale.

- Hum... Et quel âge as-tu ?

- 10.523 ans.

- Donc, tu as participé à la Grande Bataille contre les Démons ?

- En effet.

Pour Kanilova, ce sujet-là était un peu plus facile à aborder.

- J’aurais bien aimé participer à cette bataille, mais j’étais encore trop jeune, je n’avais que 350 ans !

- Pourtant, fit le Chasseur de Démons en fronçant les sourcils, à 350 ans, tu peux te battre, non ?

- Mes parents ne le voulaient pas. Ils craignaient pour ma vie.

A ce moment, la forêt sembla s’ouvrir devant eux, et ils virent alors une ville en ruines, avec ceci de particulier : elle était complètement occupée par des Anciens et par d’autres bâtiments construits par des Elfes de la Nuit !

Kanilova, toujours sur le dos de Shadowcat, restait bouche bée devant cette magnifique cité.

- Bienvenue, Kanilova, dit Celebel solennellement, dans notre cité d’Ortuhl ! Au fait, la terre désolée qui s’étend autour de la forêt s’appelle Westfall, et on sait peu de choses à propos de pourquoi elle est si désolée.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Ven 6 Juin - 18:14

Chapitre 11 : La mission de Celebel

Ortuhl était vraiment une cité merveilleuse. Au bout de quelques jours, Kanilova la connaissait par cœur, et il savait parfaitement où se diriger s’il avait faim, s’il désirait un rafraîchissement, ou encore en cas de petit besoin naturel. Celebel, la maîtresse de la cité, ne lui avait pas signifié expressément son hospitalité, mais chaque fois qu’ils se rencontraient, Celebel ne parlait pas d’une quelconque durée au bout de laquelle il devrait repartir.

Il lui arrivait de temps en temps de croiser Unshu, bien qu’il s’efforçât de l’éviter, et à ces moments elle s’adressait à lui par un froid « bonjour » , puis s’en allait. Il passait la plupart de son temps dans la bibliothèque de l’Ancien du Savoir, à lire des livres concernant surtout les Démons.

Un jour, Celebel le fit venir dans son pavillon. Ce dernier était situé près de la rivière, Edhelros*, qui traversait la cité. Au rez-de-chaussée et au premier étage, on trouvait surtout des fontaines et des statues. Au deuxième étage, il y avait une petite bibliothèque et un salon, et dans le dernier étage, se trouvaient les appartements privés de Celebel. Le Chasseur de Démons monta les escaliers de marbre en regardant admirativement autour de lui. « Eh bien, se dit-il, au moins, elle a beaucoup de goût ! » A l’entrée, il avait dû laisser ses lames dans un vestiaire aménagé pour cela. Lorsqu’il parvint au troisième étage, il trouva Celebel seule dans sa chambre, en train de regarder pensivement au loin à travers l’une des fenêtres de la pièce.

Ne sachant pas comment saluer « convenablement », il opta pour un simple : « Bonjour, Celebel ». Celle-ci se retourna avec un sourire. Elle portait une robe bleue très clair. « Bonjour, Kanilova. Assied-toi. » Le Chasseur de Démons s’exécuta. La Prêtresse de la Lune choisit de rester debout, à faire le tour de sa chambre. Kanilova s’en étonna, et lui demanda :

- Celebel ? Qu’y a-t-il ?

- Eh bien, Kanilova, il faut que tu saches que si la paix règne ici, dans la cité et à l’intérieur de la forêt, c’est au prix de lourdes pertes. Des patrouilles partent d’ici tout les jours de la cité, combattre dans les bois un mal qui infeste la forêt depuis longtemps. Bien peu de guerriers reviennent, et ceux qui survivent sont tellement terrifiées par ce qu’ils ont vu, qu’elles n’osent pas en parler. Ce mal, Kanilova, doit être arrêté. Nous avons beaucoup de guerriers, certes, mais leur nombre n’est pas infini. Et...

- Il faudrait que j’aille terrasser ce mal, n’est-ce pas, répondit Kanilova.

La Prêtresse de la Lune sembla quelque peu surprise par cette réponse.

- Eh bien, Kanilova, oui, je souhaiterais que tu le fasses pour nous. Nos Archères et nos guerriers ont échoué, mais toi, tu peux réussir.

Le Chasseur de Démons ne répondit qu’après quelques instants.

- Ce mal dont tu parles, n’est-il constitué que d’un seul être, ou bien est-ce une armée ?

- Je pense qu’il ne s’agit que d’un seul être, mais il doit être très puissant. Il a détruit une bonne partie de la forêt en une seule fois.

- Dans ce cas, fit le Chasseur de Démons en se levant, je tâcherai de faire attention !

La Prêtresse de la Lune sembla de nouveau surprise. Elle se rapprocha de Kanilova en disant :

- Kanilova, je ne t’ai pas ordonné de la faire. Je te l’ai demandé. Tu n’es pas obligé d’accepter.

- Oui, répondit ce dernier, mais en ce moment, j’ai envie de faire quelque chose, et tu m’en donne l’occasion.

- ... Bien. Que souhaites-tu comme récompense ?

- La récompense sera mon combat !

- Je tiens encore à te dire que tu y risque ta vie.

Le Chasseur de Démons dit alors avec une peu trop de chaleur :

- Je n’ai pas survécu à la Grande Bataille contre les Démons il y a 10 000 ans pour échouer contre un lamentable adversaire comme celui que je vais briser !

Celebel se recula, étonnée de cet énervement soudain.

- Désolé, murmura le Chasseur de Démons. Je ne sais pas ce qui m’a pris.

- Ce n’est rien, répondit Celebel en retrouvant son sourire.

La voir sourire ainsi après qu’il se soit emporté comme cela le gênait quelque peu.

- Euh, fit-il d’une voix mal assurée, il faut que je... euh, que j’aille préparer mes... enfin, affaires.

- Bon, si ta décision est prise, dit la Prêtresse de la Lune en se rapprochant doucement de Kanilova.

La gêne de ce dernier ne faisait que croître. Il balbutia un « Bon, j’y vais », juste après lequel Celebel l’embrassa sur la joue en lui souhaitant bonne chance.

Lorsque la Chasseur de Démons sortit du pavillon, il était si rêveur qu’il ne vit pas Unshu devant et il se cogna contre elle.

- Aïe ! Tu ne peux pas regarder où tu vas ?

- Désolé.

- Bon. Celebel t’a confié une mission, n’est-ce pas ?

- Comment le sais-tu ?

- Elle me l’a dit. Et je dois t’accompagner durant ta quête.

Kanilova poussa un soupir à fendre la pierre.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Ven 6 Juin - 18:15

Chapitre 12 : Dans l’ombre de la forêt

Le Chasseur de Démons semblait déprimé lorsqu’il rentra dans sa chambre ( celle que Celebel lui avait donnée à son arrivée ). Pendant qu’il préparait son sac, il n’arrêtait pas de soupirer. Accomplir ce genre de quête n’était pas pour lui déplaire, mais le faire avec Unshu lui semblait bien peu réjouissant.

Ayant emporté quelques provisions et une couverture au cas où leur voyage durerait quelques jours, il sortit enfin et retrouva Unshu aux portes de la ville.

- Alors, lança-t-elle, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

- Oh, ça va, répliqua-t-il. J’arrive.

- J’espère qu’au moins tu as pensé à prendre des provisions ?

- Oui, j’y ai pensé, moi.

- Eh bien sache qu’avec mon arc et mon carquois je ne peux plus porter grand-chose d’autre !

Elle avait raison. Son arc immense et son gros carquois ne laissaient aucune place pour un quelconque sac supplémentaire.

- Bon, à moins que tu n’aies peur maintenant, allons-y, lâcha l’Archère.

Sur ces aimables paroles, ils s’enfoncèrent dans la forêt. Le sol, jonché de racines, et de branches ne facilitait pas vraiment leur progression. Ils marchèrent ainsi péniblement pendant des heures. La seule chose qui pouvait leur indiquer l’heure étant la faible lueur du soleil qui filtrait à travers le feuillage des arbres, éclairant le sol d’une claire lumière verte. Kanilova et Unshu parlaient peu, et le seul bruit qu’ils entendaient était celui de leurs propres pas.

Le soleil se couchait à l’occident, alors que les deux Elfes de la Nuit s’arrêtaient de marcher.

- Alors, où va-t-on passer la nuit, demanda Unshu impérieusement.

- Si tu peux le supporter, nous allons dormir dans cet arbre, répondit Kanilova.

Tout en parlant, il désignait un grand arbre dont ils ignoraient le nom, au bois noueux et à l’écorce rugueuse.

- Quoi, s’indigna l’Archère, dormir dans un arbre, comme des Elfes sauvages ?

- A moins que tu aies une meilleure idée, et que tu préfères t’exposer aux bêtes sauvages de la forêt, répliqua sèchement le Chasseur de Démons. En tout cas moi, je dors là-haut. Bonne nuit.

Sur ce, il monta à l’arbre, son sac toujours sur le dos, jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il cherchait : deux longues branches très rapprochées presque à l’horizontale. Sans se soucier d’Unshu davantage, il disposa des branches et des feuilles, se confectionnant ainsi une couche confortable. Il déposa son sac sur une branche large, et regarda en bas pour voir où en était l’Archère.

Cette dernière s’efforçait de grimper, mais apparemment c’était la première fois qu’elle essayait. Kanilova eut un sourire en la voyant grimper si mal.

- C’est la première fois que tu montes à un arbre, j’ai l’impression, fit-il d’un ton ironique.

- Non, je … euh, je suis déjà montée sur un arbre, mais c’était il y a quelques … enfin longtemps.

Le Chasseur de Démons soupira, et sortit de son sac un pain dont il prit un petit morceau qu’il mangea en mâchant lentement, puis il but une gorgée d’eau de sa gourde. Ensuite, il se coucha sur son lit naturel, en attendant qu’Unshu parvienne là où il se trouvait. L’Archère finit son ascension une ou deux minutes plus tard, soufflant et râlant. Elle déposa son arc et son carquois à côté du sac de Kanilova, et, se tournant vers son propriétaire, lui lança :

- Je peux me servir ?

L’interpellé tourna lentement sa tête, bailla ostensiblement puis répondit :

- Oui, tu peux. Mais ne mange ni ne boit trop, nous sommes deux, je te rappelle, et le voyage peut durer encore.

Unshu marmonna quelque chose d’incompréhensible, et arracha du pain de Kanilova un assez gros morceau qu’elle dévora avec avidité, et but une longue rasade d’eau dans sa gourde, sous l’œil aveugle d’un Chasseur de Démons quelque peu agacé.

- Unshu, fit-il remarquer, il me semble t’avoir dit de ne pas manger plus que nécessaire, et de ne pas boire trop.

- Justement, je fais exactement ce que tu as dit. Simplement j’ai besoin de manger plus et de boire plus que toi.

Le Chasseur de Démons soupira une nouvelle fois. Décidément, la compagnie d’Unshu lui était de plus en plus pénible.

Ils s’endormirent tous les deux peu de temps après. La nuit leur fut douce, et Kanilova fit un bon nombre de rêves dans lesquels une splendide Elfe de la nuit lui apparaissait, montée sur un énorme tigre blanc …

Le lendemain, Kanilova se réveilla peu après le lever du soleil, la tête encore pleine de ses rêves. En bâillant, il rangea sa couverture dans son sac et s’approcha d’Unshu.

- Allez, Unshu, réveille-toi ! Ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut faire la grasse matinée ! On a encore une longue route à faire !

Un grommellement sourd lui parvint en guise de réponse.

- Tu ne pourrais pas me réveiller autrement ?

Le Chasseur de Démons eut un sourire.

- Eh bien, je pense que si. J’aurais pu te réveiller en hurlant, ou bien en t’assénant un joli coup de branche sur le crâne, etc …

L’Archère se leva enfin, et consentit à contre-cœur à descendre de l’arbre, son arc et son carquois de flèches sur le dos. Le Chasseur de Démons descendit ensuite, son sac posé sur son dos.

Après avoir posé le pied sur la terre ferme, ils se remirent aussitôt en marche. Peu à peu, ils sentirent qu’il approchaient du but. Ils sentaient une odeur indéfinissable pour Unshu, mais très facilement reconnaissable pour Kanilova : l’odeur d’un Démon ! Bien que l’odeur se fît de plus en plus sentir, le Chasseur de Démons n’en dit rien à l’Archère.

Au bout d’un moment, ils parvinrent dans une partie de la forêt dont les arbres étaient tous calcinés. Le sol lui-même semblait fait de charbon. Aucune végétation vivante n’était visible. Malgré cela, ils continuèrent. Ils arrivèrent bientôt à un endroit complètement dépourvu d’arbres, où tout n’était que roches et poussières. Devant eux, à une trentaine de mètre, une falaise rocheuse se dressait, telle une muraille infranchissable. Seul point faible de cette muraille : un énorme trou, une caverne pour ainsi dire, qui s’enfonçait dans les profondeurs de la terre.

Kanilova était immobile, à regarder cet endroit désolé, quand la voix d’Unshu le tira de ses pensées.

- Alors, sommes-nous arrivés ?

- Je le pense, oui, répondit le Chasseur de Démons. La puanteur qui règne ici ne fait aucun doute sur la présence d’un être maléfique.

Puis, sans un mot, l’Archère banda son arc et murmura :

- Dois-je tirer maintenant ?

- Cela ne servirai à rien, à part à signaler notre présence. Non, nous devons nous placer à notre avantage, puis frapper dès que nous en aurons l’occasion.

- D’accord. Où me placerai-je ?

- Tu vas te poster en haut de ce rocher, là, fit-il en désignant un rocher en forme d’enclume.

Unshu s’exécuta en silence. Lorsqu’elle fut parvenu à son poste, il s’approcha du rocher en disant :

- Très bien. Moi, je serai là-bas. Dès que j’attaquerai le … l’être, tu tireras, d’accord ?

Il montrait du doigt un endroit tout près de l’entrée de la caverne, caché par une grosse pierre. L’Archère hocha la tête affirmativement. Kanilova partit donc là où il devait se rendre après avoir posé son sac près du carquois d’Unshu, et commença à attendre.

Combien de temps il attendit là, il n’aurait su le dire. Toujours est-il que le temps lui parut extrêmement lent.

Au bout d’un moment, il sentit que quelque chose changeait. Il le percevait très bien, mais il ne parvenait pas à l’identifier, jusqu’à ce qu’il respire par le nez. C’était l’odeur du Démon, elle s’intensifiait ! Et de façon alarmante, le Démon ne devait plus être très loin. Kanilova regarda frénétiquement autour de lui, sans rien voir. C’est alors que le sol trembla légèrement sous ses pieds. Cela le fit sursauter. Le sol trembla à nouveau, mais plus fort, et cette fois, Kanilova entendit comme un grondement sourd. La même chose se répéta maintes fois en s’intensifiant.

Cela dura une minute, mais la Chasseur de Démons aurait plutôt dit une heure. Enfin, l’être qui habitait la caverne sortit. De l’endroit où elle se cachait, Unshu ne pu réprimer un cri de peur. Kanilova lui-même frémit.

Un énorme corps noir. Une tête ressemblant à celle d’un buffle aux yeux rouges flamboyants, surmontée d’une paire de cornes recourbées. Deux bras longs et larges comme des troncs d’arbres, et des jambes de la même dimension. Une paire d’ailes de peau noire dans le dos, et des flammes rouge sombre parcourant la surface de son corps. Et pour couronner le tout, une épée grande comme deux fois la taille de Kanilova qui semblait se consumer elle-même, sans pour autant rétrécir. Voilà à quoi ressemblait l’immense Démon que Kanilova et Unshu devaient affronter.

Le Chasseur de Démons réfléchit à toute vitesse. Le Démon était encore juste devant l’entrée de la caverne. Bon. Ils avaient l’avantage de la surprise. Bon. Mais quelle stratégie adopter ? Kanilova décida qu’il se Métamorphoserait pour combattre le Démon, pendant qu’Unshu lui décocherait ses flèches. Cette tactique adoptée, il ne perdit plus de temps. Il se Métamorphosa en se mettant juste à côté du Démon sur lequel il tira aussitôt. Unshu tira une seconde plus tard. Sa flèche atterrit dans l’épaule gauche du Démon, qui se trouvait alors parallèle avec la falaise, Kanilova Métamorphosé en face de lui. Le Démon hurla de douleur et leva son épée enflammée vers Kanilova qui lui lança immédiatement une boule que le Démon renvoya vers le Chasseur de Démons qui l’Evita de justesse. Un autre flèche toucha le Démon, cette fois-ci à la tête, tout près de l’œil. Trépignant de rage, le Démon envoya des flammes dans toutes les directions. Kanilova, qui en reçut quelques-unes, grimaça de douleur. Unshu décocha a nouveau une autre flèche, qui atteignit l’être de feu juste dans le dos de sa main. Un hurlement retentit. Le Chasseur de Démons, voyant la main de son adversaire qui tenait son épée blessée, lança alors une boule sur celle-ci. Dans un cri horrible, l’être maléfique lâcha son épée, que Kanilova rattrapa. Il sentit alors que sa Métamorphose prenait fin. Concentrant ce qui lui restait de forces, il lança aussi fort qu’il le put l’épée enflammée sur le Démon. La lame de feu pénétra profondément dans le corps de l’être de feu, qui rugit si fort que Kanilova eut l’impression que les arbres derrière tremblaient. Enfin, le feu sombre qui entourait le Démon s’éteignit, et il tomba, finalement vaincu.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Dim 8 Juin - 17:39

Chapitre 13 : Le Don des Forges

Le Chasseur de Démons quitta sa forme de Démon, et rejoignit Unshu d’un pas traînant. Il était si pensif qu’il n’entendit même pas Unshu le féliciter. Avec des gestes d’automate, il ramassa son sac et repartit, sans un regard pour Unshu.

L’Archère, surprise, posa en vitesse son arc et son carquois sur le dos et courut rattraper le Chasseur de Démons.

- Hé, Kanilova, il y a quelque chose qui ne va pas ?

Ces mots firent l’effet d’une douche froide sur Kanilova.

- Hein, quoi ? Ah, euh, si, si, ça va très bien, merci.

Il ralentit son allure et commença à retrouver des gestes normaux, fluides. Les deux Elfes de la Nuit commencèrent à discuter du combat qu’il venaient de remporter. Unshu complimentait Kanilova sur la façon dont il avait mit fin à l’existence du Démon. Le Chasseur de Démons ne manqua pas de remarquer qu’Unshu semblait à présent beaucoup plus chaleureuse et sympathique qu’au premier abord. Il la regarda et lui dit :

- Je crois que si tu n’avais pas visé la main de ce Démon, je n’aurais pas réussi à lui prendre son épée. Je te remercie, Unshu.

- Oh, de rien.

Ils continuèrent à bavarder tout en maintenant une bonne allure de marche. Au bout d’un moment, Unshu s’arrêta de parler. Kanilova lui demanda ce qui n’allait pas.

-C’est que, répondit-elle, je m’en veux de m’être conduite comme cela, lorsque tu es arrivé dans la forêt. Je suis vraiment désolée. Je ne sais pas pourquoi j’ai été si agressive avec toi, et pourquoi je l’ai été bien avant cela.

Kanilova, touché, lui dit que ce n’était pas grave. Unshu tourna la tête vers lui en souriant.

Ils marchèrent tout le reste de la journée à bonne allure, bavardant gaiement. Il ne s’arrêtèrent pas, même longtemps après que le soleil se fut couché. Leurs yeux elfiques leur permettaient de voir aussi bien dans le noir qu’en plein jour. Il stoppèrent leur marche lorsque Unshu déclara ne plus pouvoir faire un pas de plus. Ils grimpèrent donc à nouveau dans un arbre et s’installèrent confortablement pour dormir.

Le lendemain, ce fut le soleil qui les réveilla. Kanilova se leva en bâillant, posa son sac sur son dos après avoir mangé un petit bout de pain et attendit qu’Unshu se lève. L’Archère se réveilla quelques minutes plus tard. Ils se remirent doucement en route, et arrivèrent une ou deux heures plus tard à Ortuhl.

Les Portes de la cité, faite d’acier et de diamant étaient déjà ouvertes, et les habitants de la ville les accueillirent en héros, les appelant déjà : « Les Libérateurs ». La foule en liesse les escorta jusqu’au pavillon de Celebel. La Prêtresse de la Lune était devant la porte du bâtiment, montée sur son tigre blanc. Un sourire radieux éclairait son si joli visage.

- Bienvenue à vous deux, prononça-t-elle de sa voix douce. Toute la ville vous est reconnaissante de l’avoir libérée de ce mal qui infestait notre forêt depuis trop longtemps. Venez à présent, j’ai quelque chose à vous offrir.

Sur ces mots, elle tourna bride et partit au petit trot. Le Chasseur de Démons et l’Archère lui emboîtèrent le pas. Celebel se dirigeait vers les forges de la cité, endroit que Kanilova n’avait pas encore visité. Sans un mot, les trois Elfes pénétrèrent à l’intérieur, où il régnait une chaleur intense.

La Prêtresse de la Lune, toujours sur son tigre, amena Kanilova et Unshu de plus en plus étonnés vers un atelier où une demi-douzaines d’Elfes jovials semblaient attendre. Celebel se tourna vers les deux autres et leur dit :

- Voilà mon présent. Ces forgerons sont les meilleurs de toute la région. Ils vont reforger vos armes en gravant dessus des runes qui augmenteront leurs puissances. Ne craignez rien, ils savent ce qu’ils font, ce sont de véritables experts. Ils graveront également votre noms sur vos armes.

Kanilova sortit lentement ses lames de leurs fourreaux et les tendit au forgeron le plus proche qui les posa sur la table de pierre. Unshu détacha son arc et le posa sur l’atelier. Le forgeron qui avait pris les lames de Kanilova prit alors la parole :

- Celebel nous a demandé de reforger vos armes, et nous le ferons de notre mieux. Les runes que nous graverons augmenteront la puissance de vos armes, et en plus, votre nom sera gravé sur celles-ci.

Kanilova et Unshu remercièrent les forgerons, et repartirent vers leurs appartements. Le Chasseur de Démons posa son sac, et s’écroula sur son lit en grognant de soulagement. Décidément, rien ne remplacera jamais la douceur d’un drap …
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Dim 8 Juin - 17:40

Chapitre 14 : Révélation

Les jours qui suivirent n’étaient que calme et joie à Ortuhl. Presque tous les jours il y avait une fête quelque part, et Kanilova n’hésitait pas à y aller. Il y retrouvait souvent Unshu, et ils en profitaient pour discuter sous l’ombre d’un arbre. Assez curieusement, il n’osait pas aller voir Celebel, et celle-ci ne venait pas le trouver.

Un beau matin, alors qu’il faisait tranquillement la sieste, une des dames de compagnie de Celebel vint le réveiller.

- Mmmh, grogna-t-il. Qu’est-ce qu’il y a ?

- Celebel veut vous voir. Mais auparavant, il vous faut aller quérir vos armes. Elles ont reforgées.

Tout en continuant de grogner, le Chasseur de Démons se dirigea vers les forges. Il y régnait toujours la même chaleur, et le même vacarme. Kanilova salua au passage quelques-uns des forgerons dont il avait fait connaissance. Lorsqu’il arriva à l’atelier, Unshu était déjà là. Il la salua d’un signe de tête. Le maître forgeron, Daeras, prit alors la parole :

- Nous avons terminé notre travail. Vos armes sont désormais plus puissantes que jamais. Deux de mes forgerons vont vous expliquer le pouvoir des runes gravées sur vos armes.

Dès que Daeras eut fini de parler, deux forgeron s’approchèrent de Kanilova et d’Unshu, l’un tenant l’arc, l’autre les lames. Le Chasseur de Démons n’en revenait pas. Il avait du mal à reconnaître ses lames, tant elle étaient belles.

Lorsqu’il les avait vu pour la dernière fois, elles étaient sales, un peu émoussées, et maintenant elles resplendissaient et semblaient aussi aiguisées que possible. De superbe dessins en lignes courbes parcouraient les lames dont la forme n’avait pas été modifiée. Kanilova les prit des mains du forgeron et les examina avec ravissement. Le forgeron, qui s’appelait Omys, lui dit alors :

- Vous voyez les runes ?

Le Chasseur de Démons remarqua alors les runes, ces petits caractères dont ils existaient tant d’alphabet dans le monde.

- Oui.

Les runes avaient été gravées dans les sillons que formaient les lignes. Les lignes étaient identiques sur chaque lame, et les runes également

- Chaque ligne est en fait une phrase runique. Celle-ci, fit Omys en désignant la ligne la plus proche du bord extérieur, donne au porteur de l’arme une endurance plus importante, tant physique que mentale. Celle-là, juste derrière, confère une capacité défensive accrue. Là, la phrase runique vous accordera une plus grande force, et une puissance offensive considérable. Et enfin, termina-t-il en montrant deux lignes entremêlées, ceux deux-là amélioreront votre vitalité et votre force spirituelle.

Kanilova était véritablement aux anges. Depuis toujours il n’avait ressenti pour ses lames que l’attention qu’un ouvrier porte à ses outils, mais à partir de cet instant, il ressentirait presque de l’amour pour ses armes reforgées. Le murmure d’Omys le tira de ses pensées :

- Daeras m’a dit de vous dire ceci : « la phrase runique qui augmente votre force spirituelle, vous donne également un bonus en énergie sombre ».

Ces mots laissèrent perplexe Kanilova. Il se tourna vers Daeras et lui adressa un regard étonné. Qu’est-ce que cela signifiait ?

Le maître forgeron s’approcha du Chasseur de Démons et lui murmura :

- L’énergie démoniaque qui est en vous sera multipliée par vos lames.

Une lumière se fit dans l’esprit de Kanilova.

Les forgerons avaient fini d’expliquer à Unshu les runes de son arc, et les deux Elfes de la Nuit sortirent des forges sans dire un mot. Le Chasseur de Démons se souvint alors que Celebel tenait à le voir. Il salua donc Unshu et se rendit au pavillon. Il y laissa comme la dernière fois ses lames, et grimpa les marches d’un pas vif, se demandant bien ce que Celebel lui voulait.

Lorsqu’il arriva dans la chambre de la Prêtresse de la Lune, celle-ci semblait l’attendre impatiemment. Elle était assise sur son lit dont elle tapait le rebord en bois de chêne avec ses doigts d’un air soucieux. Quand elle vit le Chasseur de Démons, son visage s’illumina de joie et elle montra de nouveau à Kanilova son sourire « très dangereux et susceptible de causer brutalement la mort de ceux qui le voient », aux dires du Chasseur de Démons.

- Je suis heureuse que tu soit venu si vite, dit-elle. Viens, assied-toi.

Ils s’assirent donc à une table sur laquelle étaient posées comme par hasard deux verres et une bouteille de vin. Celebel servit Kanilova sans rien dire, et se servit ensuite. Le Chasseur de Démons était un peu perdu. Il ne pourrait pas supporter quelques secondes de plus sans parler, mais aucun mot ne lui venait à la bouche.

- J’espère que tu es satisfait du travail de mes forgerons, dit la Prêtresse de la Lune.

- Plus que satisfait, répondit un Kanilova soulagé, ils ont fait un travail excellent.

- Bien. Dis-moi, te plais-tu ici ?

- Euh, oui, pourquoi ?

Celebel se leva, et d’un geste invita le Chasseur de Démons à en faire autant. Elle se dirigea vers la fenêtre, regarda un moment au-dehors d’un air rêveur, puis se tourna vers Kanilova qui était resté près de la table.

- Parce que j’aurais énormément apprécié que, lorsque tu en aurais fini avec ta quête, tu reviennes t’installer ici.

Kanilova médita un instant ces mots. Lorsqu’il releva la tête, Celebel s’était rapprochée de lui et elle dit alors :

- Bien évidemment, je ne t’oblige pas à accepter. Mais les portes d’Ortuhl te seront toujours ouvertes. A propos, tu ne m’as rien dit sur ta quête. Ne crains rien, je n’en parlerai pas, mais j’aimerais quand même savoir pourquoi tu entreprends ce voyage.

Le Chasseur de Démons hésita un instant. Il se demandait si il pouvait parler de sa quête à la Prêtresse de la Lune, mais en regardant les yeux de celle-ci, il se décida.

Il lui dit tout. Tout à partir du moment où il était entré dans la clairière où se déroulait la réunion entre Chasseurs de Démons, sans parler pour autant de son crime.

Celebel restai là, immobile, perdue dans ses pensées. Kanilova l’en tira en ajoutant :

- Aurais-tu par hasard eu vent d’un déplacement de Démons, ces temps-ci ? Ou simplement l’impression floue d’un mal traversant cette terre ? S’il te plaît, n’omets rien ; je n’ai aucun indice pour l’instant, aucune piste.

La Prêtresse de la Lune leva les yeux au ciel un instant, puis répondit enfin :

- Kanilova, ce que tu me dis est extrêmement grave. Je n’aurais jamais pu deviner que ta quête était si importante pour le monde. Je t’aiderai autant que je le pourrai. Et je crois qu’en effet, j’ai ressenti l’impression que tu m’a décrit il y a plusieurs jours. Il m’a semblé que c’était en direction du nord.

- Au nord, fit pensivement le Chasseur de Démons, très bien. Je te remercie, Celebel.

- De rien, Kanilova. Comment puis-je t’aider ?

Le Chasseur de Démons eut un léger sourire, puis répondit :

- En ayant une pensée pour moi, de temps en temps. J’accomplirai cette quête seul, car vois-tu, il est des choses pour lesquelles le nombre est synonyme d’échec, quand la discrétion et la mobilité sont de mise.

Cette réponse un peu étrange fit sourire Celebel.

- Très bien. Quand nous quitteras-tu ?

Ceci mit Kanilova dans l’embarras. Il s’était déjà posé cette question, et n’arrivait pas à fixer une date pour son départ. D’un côté sa quête passait largement avant son bon plaisir, et de l’autre... il y avait quelque chose ici qui le retenait. Quoi ? Celebel, bien sûr ! Il s’efforça de ne pas penser à elle pendant un instant et articula :

- Euh... bientôt, je pense.

- Bon, eh bien, fit d’un air innocent Celebel en se rapprochant doucement du Chasseur de Démons, je crois qu’il est temps pour moi de te dire quelque chose.

Un flot de pensées et d’idées absurdes apparut dans l’esprit de Kanilova qui s’efforça de le chasser et de répondre intelligiblement :

- Ah... euh, oui, je t’écoute.

Celebel se rapprocha encore de Kanilova. Son visage était soudain devenu grave. Le Chasseur de Démons se trouvait si près d’elle qu’il pouvait distinguer les plus petits détails de sa figure. Il n’osait pas se reculer, de peur de paraître impoli, en plus la table était à deux centimètres dans son dos.... Elle était trop près, leurs deux visages s’étaient trop rapprochés...
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Jeu 12 Juin - 16:49

Chapitre 15 : Vision

Le Chasseur de Démons quitta le pavillon de Celebel, quelques minutes plus tard complètement indifférent au monde extérieur. Ce qui venait de se passer marquait un tournant de sa vie, et lui-même ne se sentait déjà plus vraiment le même. Tout à ses pensées, il était profondément troublé ; il ne savait plus quoi, ni comment penser.

Lorsque Celebel lui avait murmuré : « Je t’aime, Kanilova », le Chasseur de Démons avait ressenti un sentiment d’accomplissement, comme si cela était une réponse à un appel inconscient, au plus profond de lui-même. Il avait répondit timidement à la Prêtresse de la Lune en l’embrassant. Combien de temps avait duré ce baiser, il n’aurait su le dire, et d’ailleurs, quelle importance ?

Sans se dire un seul mot, il s’étaient embrassés, et ensuite, ils avaient passé de longues minutes assis sur un canapée, main dans la main, en silence, comme si ce dernier leur faisait du bien.

Enfin, Kanilova s’était levé, et avait dit presque malgré lui :

- Celebel, il faut que j’y aille.

Il était sorti du pavillon sur ses mots, après avoir récupéré ses lames et depuis il errait sans but dans Ortuhl, ne pensant à rien.

- Ohé, Kanilova !

C’était Unshu qui l’appelait ainsi. Ces mots firent l’effet d’une douche froide sur le Chasseur de Démons.

- Hein, quoi ?

- Oula, tu as plutôt l’air endormi, qu’est-ce qu’il y a ?

Mentir, ou trahir son amour.

- Euh, rien, rien, je me... je me promenais.

Mentir était de loin la meilleure solution.

- Ah bon, fit Unshu. Bon, eh bien, à plus tard !

Sur ces mots, l’Archère s’éloigna, laissant Kanilova qui ne tarda pas à replonger dans ses pensées.

Il rentra tout doucement dans ses appartements, s’allongea sur son lit, et s’endormit presque aussitôt.

Son sommeil fut agité. De nombreux cauchemars vinrent le troubler, mais un seul resta dans sa mémoire, et ce fut d’ailleurs celui-ci qui le réveilla. Le Chasseur de Démons rêvait qu’il était un Humain, habitant dans un port sur les rives de la mer. Il flânait sans but sur les docks, lorsque la cloche de la ville retentit. Tous les soldats de la cité foncèrent aux portes, et Kanilova se dirigea vers l’Hôtel de Ville pour y prendre ses armes. Ensuite il se rendit avec les autres Miliciens sur les murs. Le spectacle qui l’y attendait était terrifiant.

Toute la campagne environnante était en feu, ou déjà complètement calcinée. La forêt la plus proche n’était plus qu’un champ de cendres. Un horrible rugissement se fit entendre, un cri qui n’avait rien, absolument rien d’humain. Il venait d’une troupe de Démons qui se dirigeait droit sur la ville !

Les soldats de la ville restèrent en position, malgré leur terreur, mais tous les Miliciens s’enfuirent en hurlant de peur. Tous, sauf Kanilova.

Les Démons, quatre Nathrezims, sept Infernos, et un Warlock, chargèrent. Les Infernos foncèrent sur les portes de la cité sans s’arrêter. Le choc fut d’une violence inouïe et des fantassins, malgré le poids de leur armure, furent jetés à bas des murs. Les Seigneurs de l’Epouvante firent alors montre de leur incroyable puissance en invoquant une pluie de météores enflammés sur les murs, qui s’effondrèrent dans un fracas épouvantable. Les Infernos, unissant leurs forces, ouvrirent la porte qui ne tenait plus que par quelques gonds.

Kanilova réussit à se sauver du mur avant que celui-ci ne s’effondre. Mais même s’il avait échappé à la mort pour l’instant, que pouvait-il faire contre des Démons, si nombreux et si forts ?

C’est à ce moment que les chevaliers chargèrent. Trente chevaliers surentraînés foncèrent sur les Démons... et furent balayés en un instant. Ce fut le Warlock qui les abattit. Depuis le début du combat il concentrait son pouvoir en une boule d’énergie noire qu’il propulsa sur les chevaliers. La sphère de ténèbres explosa avec une force gigantesque, qui détruisit tous les chevaliers et anéantit deux maisons proches.

Kanilova était seul, à présent. La ville avait épuisé tous ses soldats contre ces Démons, qui paraissaient invincibles. Les douze Démons pénétrèrent dans la ville. Kanilova eut tout juste le temps de se cacher derrière les ruines d’une maison avant que le premier Inferno passe à l’intérieur de la cité.

La population de la ville s’était enfuie dès que la cloche de l’Hôtel de Ville eut sonné, et Kanilova savait qu’il ne pouvait plus rien faire, à présent, à part tenter de mourir honorablement. Un des quatre Nathrezims passa près de la maison écroulée. C’était le moment ou jamais. Prenant son courage à deux mains, il avança prudemment dans le dos du Démons, sauta sur lui et lui appliqua son épée sur la gorge. Le cri de surprise du Seigneur de l’Epouvante alerta ses compagnons qui se retournèrent.

- Partez, Démons, ou bien j’exécute votre ami, hurla Kanilova.

Le Nathrezim ne pouvait rien dire, il se contenta donc d’émettre des sons confus avec sa gorge.

- Restez là, ordonna le Warlock aux autres Démons, ne l’attaquez pas.

Ceux-ci s’étaient déjà avancés, mais reculèrent tous à l’ordre de leur chef.

- Allez, partez, quittez cette cité, ou je tue votre compagnon !

Le Warlock sourit.

- Et que feras-tu, ô Humain stupide, si je n’attache aucune importance à la mort de... ce Seigneur de l’Epouvante ?

Le Démon concerné hocha la tête négativement en roulant des yeux exorbités. Visiblement il aurait souhaité vivre quelques siècles de plus.

Kanilova resta sans voix. Il pouvait tuer le Nathrezim et tenter de fuir ensuite. C’était la meilleure chose à faire, étant donnée sa situation. Il s’apprêtait à trancher la gorge du Seigneur de l’Epouvante, lorsque la voix gutturale du Warlock s’éleva à nouveau :

- Tu veux le tuer, n’est-ce pas ? Je vais t’épargner cette peine...

Sur ces mots, ils projeta une boule noire en direction du Seigneur de l’Epouvante.

La sphère d’énergie noire percuta le Seigneur de l’Epouvante en plein ventre. Son corps explosa, laissant partir l’âme tourmentée qui l’habitait, et Kanilova mourut, brûlé et soufflé par la puissance de l’explosion. Avant de mourir, il lui avait semblé qu’il apercevait une silhouette confuse, à quelques pas.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Jeu 12 Juin - 16:50

Chapitre 16 : Séparation

- ELUUUNE !!!!

Kanilova venait de reconnaître la Déesse des Elfes de la Nuit juste avant de se réveiller. Il avait hurlé son nom inconsciemment, et réveillé sans le vouloir un bon nombre d’habitants d’Ortuhl. Haletant, et ruisselant de sueur dans son lit, il entendit des pas et des grognements, mais il n’y prêta pas attention. Son rêve ne pouvait pas être qu’un simple cauchemar. Tout semblait si réel, il avait aperçu Elune, et puis … il savait, quelque part au fond de lui, que c’était une vision.

- Kanilova, qu’est-ce qu’il y a ?

C’était Unshu qui le tirait de ses pensées ainsi. Elle couchait non loin des appartements de Kanilova.

- Un rêve, un cauchemar, répondit Kanilova. Ou plutôt, une vision.

- Une vision, répéta celle-ci, incrédule, en es-tu sûr ?

- Certain, répliqua-t-il en se levant. Il faut que j’aille voir Celebel.

- Mais, objecta Unshu, Celebel dort à cette heure-ci, tu ne peux pas aller la réveiller ! De toute façon, les gardes ne te laisseront pas entrer !

Le Chasseur de Démons eut un léger sourire.

- Vois-tu, Unshu, fit-il en commençant à rassembler ses affaires, il se peut que cette nuit soit le dernière que je passe ici. En tout cas je dois partir, immédiatement.

- Mais pourquoi, demanda l’Archère.

- Parce que j’ai trop tardé ici.

Il venait juste de terminer son sac. Il le posa sur ses épaules, rangea ses lames dans leurs fourreaux, et s’avança vers la porte et dit à Unshu :

- Je dirai à Celebel de tout t’expliquer. Maintenant, adieu.

Ce fut de cette manière qu’il salua l’Archère qui l’avait aidé à terrasser le Démon de Feu dans la forêt. Il sortit de ses appartements, et se dirigea vers ceux de Celebel, laissant Unshu sous le choc.

Lorsqu’il arriva devant les appartements de Celebel, deux gardes en protégeaient l’entrée, comme il le pensait.

« Bien, se dit-il, faisons un peu d’escalade. »

Il marcha en douceur vers le mur recouvert de plantes grimpantes, et commença son ascension. Il progressait rapidement, et parvint sans efforts au troisième étage. Là, il se posta devant la fenêtre de la chambre à coucher de la Prêtresse de la Lune. Celle-ci dormait paisiblement. En la voyant si belle, si fragile, si innocente, Kanilova faillit redescendre pour partir comme un voleur. Mais il fallait qu’elle sache. Il ouvrit donc la fenêtre et pénétra dans la chambre. Sans faire plus de bruit qu’un chat, il s’approcha du lit en bois de chêne, et murmura à l’oreille de celle qu’il aimait :

« Celebel, réveille-toi. »

Un marmonnement indéfinissable fut la seule réponse qu’il reçut. La Prêtresse de la Lune s’éveilla en s’étirant, puis ouvrit enfin les yeux.

- Kanilova ? Mais que fais-tu ici ? Comment es-tu entré ?

Elle avait prononcé ces mots avec une certaine peur dans la voix, comme si le Chasseur de Démons lui voulait du mal.

- Du calme, Celebel, répondit celui-ci, je vais tout t’expliquer.

C’est ce qu’il fit. Il n’omit aucun détail de son rêve, depuis le moment où la cloche avait sonné, jusqu’à sa mort. Il dit ensuite comment il était venu ici.

Pendant son récit, la Prêtresse de la Lune ne dit pas un mot. Elle se contentait de fixer gravement le Chasseur de Démons. Lorsque ce dernier eût fini de raconter ce qu’il avait à dire, elle se leva et alla à sa fenêtre, toujours en silence. Elle regarda au-dehors, comme à son habitude, et Kanilova se prit à comparer alors sa beauté avec celle de la fugitive apparition de sa vision, en se disant que leurs deux beautés étaient finalement sensiblement la même. La Prêtresse de la Lune se retourna et murmura :

- Kanilova, je suis prête à croire n’importe quoi, du moment que c’est toi qui me le dis, parce que je sais qu’à moi, tu ne me mentiras pas. Tu penses que c’était une vision, je crois comme toi. Cependant, si ce que tu as vu est vrai, alors tu dois partir le plus vite possible, car les Démons ont attaqué une cité portuaire, et ils vont certainement prendre des bateaux pour gagner Kalimdor.

Elle acheva sa phrase en pleurant. Le Chasseur de Démons se leva aussitôt et tenta de consoler la Prêtresse de la Lune en lui disant qu’il reviendrait, et qu’elle n’avait aucun souci à avoir.

- Ne t’inquiètes pas pour moi, fit-il en l’embrassant. Je te demanderai aussi ceci : explique tout cela à Unshu, je lui ai promis que tu le ferai.

- D’… d’accord, balbutia-t-elle.

- Allez, soit forte, et pense à moi de temps en temps. Adieu.

Dire qu’ils se quittèrent immédiatement après serait mentir. Trois fois le Chasseur de Démons s’approcha de la fenêtre, et trois fois Celebel le retint. Il sortit de la chambre à la quatrième fois. Celebel le regardait partir en pleurant silencieusement. Elle avait promis à Kanilova tout ce qu’il voulait, du moment qu’il promettait de son côté de ne pas l’oublier et de lui revenir sain et sauf.

Le Chasseur de Démons descendit en s’accrochant aux lierres, et en regardant le si beau visage de sa belle transformé par la douleur et le chagrin.

Sans bruit, il marcha dans l’ombre, la jour étant encore bien loin à cette heure-ci de la nuit, et atteignit les portes de la ville. Là encore, des gardes veillaient. Kanilova grimpa donc au mur, regarda une dernière fois Ortuhl, sa belle rivière Edhelros, et la verte forêt de Kalorn qui s’étendait derrière.

En soupirant, il sauta de l’autre côté du mur, se réceptionna sans bruit, et s’enfonça dans la nuit, le cœur encore gros.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Jeu 12 Juin - 16:50

Chapitre 17 : Voyage vers les ruines

Kanilova marcha longtemps, des heures sans s’arrêter. Il ne voyait même pas là où il avançait, il ne remarquait pas qu’il changeait de région petit à petit. Il continuait, et partout où des gens l’apercevaient, ils rentraient chez eux et fermaient leurs fenêtres. Le Chasseur de Démons progressait sous le soleil, comme un zombie. La faim le tira de sa semi-torpeur. Il s’aperçut qu’il était bientôt midi, et qu’il n’était plus dans les terres désolées de Westfall, mais dans un pays vert dont il ne connaissait pas le nom.

Il s’arrêta pour manger et boire un peu. Ici, la présence des Humains était beaucoup plus marquée, elle se manifestait par de nombreuses habitations et des champs. Mais le Chasseur de Démons ne voyait toujours aucun Humain. Sans s’en préoccuper, Kanilova continua son voyage. En vérité, il marchait vers le Nord un peu au hasard. Il savait juste que c’était dans cette direction que les Démons étaient forcément allés. « Dépêche-toi, mon vieux, se dit-il, ou bien ils vont prendre trop d’avance sur toi, et là … » . Le Chasseur de Démons ne désespérait pas, il pensait juste à ce qui arriverait si il ne parvenait pas à empêcher les Démons d’aller … il ne savait même pas où !

Kanilova marcha pendant des jours et des jours, et ses provisions commençaient à s’amaigrir. Il vit enfin un village humain occupé.

Niché tout près du versant d’une colline ce petit village semblait bien situé. De là où il était, c’est-à-dire du sommet de la colline en question, le Chasseur de Démons vit qu’il y régnait une grande agitation. Il descendit prudemment le versant très abrupt de la colline. Lorsqu’il arriva aux portes de pierre du village, un fantassin l’arrêta :

- Halte ! Qui va là ?

Kanilova soupira, en maudissant ces Humain et leur manie des questions inutiles.

- Je suis un Elfe de la Nuit, je m’appelle Kanilova, je ne vous veux aucun mal, et je suis un Chasseur de Démons.

Le fantassin hésita, puis appela deux de ses camarades :

- Hé là ! Venez vous deux, y’a quelqu’un qu’on doit montrer au maître !

Les trois fantassin emmenèrent un Kanilova exaspéré à travers la ville que tout le monde semblait vouloir fuir le plus vite possible. Il le conduisirent vers une sorte de petit château en bois. A l’intérieur se trouvait le maître, dirent les fantassins.

Kanilova voulait simplement savoir pourquoi tout le monde cherchait à quitter la ville, se ravitailler en eau et en nourriture, et si possible obtenir une piste à propos des Démons qu’il cherchait, il fit donc de se mieux pour se conduire raisonnablement.

Le Chasseur de Démons fut amené dans une grande salle, au fond de laquelle se trouvait un grand trône en marbre. Celui qui était censé l’occuper n’était pas loin. Le maître du village, un petit homme nerveux et très peureux était occupé à ranger tout ce qu’il pouvait dans une valise dans laquelle il aurait pu rentrer sans problèmes. Lorsqu’il vit arriver les fantassins, il se redressa de toute sa ( ridicule ) hauteur, et s’écria d’une petite voix fluette :

- Qu’est-ce que c’est ?

- Un Elfe de la Nuit, Monseigneur, répondit le fantassin qui avait trouvé Kanilova, il dit qu’il ne nous veut rien et que c’est un « Chasseur de Démons ».

- Comment s’appelle-t-il ?

- Lakinofa, Monseigneur.

- Kanilova, rectifia le Chasseur de Démons.

- Peu importe, reprit le maître. Que veux-tu, Elfe de la Nuit ?

- Je voudrais savoir pourquoi les habitants de cette ville quittent celle-ci ?

- Parce que, répondit la maître en plaçant dans la valise un vase qui lui arrivait à l’épaule, une ville portuaire a été attaquée il y a quelques jours par des Démons. Les rares survivants du désastre sont venus nous avertir et maintenant, tous fuient.

- Une ville humaine attaquée, interrogea Kanilova, pensant tenir une piste, c’est bien cela ? Par des Démons ?

- Exactement, confirma le maître.

- Où est cette ville ?

- Suis la côte, Elfe, vers le nord, et tu trouveras ses ruines.

- Merci, beaucoup, maître !

- Que veux-tu d’autre ?

- Je voudrais rendre visite à un boulanger, si il en reste un ici, et faire un tour près de la jolie fontaine, là, près de votre palais.

- Il n’y a plus de boulanger ici, mais un de mes serviteurs va te conduire aux cuisines. Et si tu veux de l’eau, il y en aura là-bas.

Il fit alors un geste de la main et un valet apparut, et fit une révérence en montrant une porte.

- Je vous remercie beaucoup, maître, fit Kanilova en s’inclinant, votre aide me sera des plus utile.

- C’est cela, répondit la maître en hissant un petit coffret qui devait peser plus lourd que lui, allez va, Elfe !

Le Chasseur de Démons n’en croyait pas ses oreilles. Il venait d’avoir la preuve que sa vision était vraie, et en plus il savait maintenant où se diriger, sans compter la générosité du maître de la ville ! Rien ne pouvait alors ébranler le moral de Kanilova.

Il se dirigea vers la cuisine du palais du maître de la ville, suivant le valet de ce dernier, et reçut de la part du chef cuisinier du pain en abondance ainsi que des fruits, et remplit sa gourde.

Il sortit ensuite de la ville, emportant un bon souvenir de son seigneur, et se mit en route vers la côte, qu’il savait être à l’ouest.
Il la trouva rapidement, après quatre ou cinq heures de route, et commença à la suivre en direction du nord. Chaque soir, lorsqu’il s’emmitouflait dans sa couverture, il pensait toujours à Celebel qu’il avait laissée seule à Ortuhl, en s’efforçant de ne pas se dire qu’il aurait mieux fait de rester là-bas. Il était conscient d’avoir perdu du temps dans la belle cité, mais il se jurait de ne plus faire passer ses propres intérêts avant ceux d’Azeroth.

Il marcha le long de la côte pendant plusieurs jours, avec l’impression de plus en plus précise qu’il approchait du but, et que malgré cela les Démons qu’il pourchassait s’éloignaient de plus en plus. Il s’efforça de chasser cette idée de sa tête, et continua son chemin le long de la Mer, ne rencontrant aucun être vivant, à part des crabes particulièrement vicieux et qui l’attaquaient lâchement par derrière, et toujours en groupe.
Un jour enfin, par une fin d’après-midi ensoleillée il arriva près de la ville qu’il cherchait. Il le sut en voyant des troncs d’arbres calcinés, des fermes transformées en champs de cendres, et le sol nu, noir et encore tiède. En arrivant devant les restes des murs écroulés et la porte défoncée, il retrouva exactement ce qu’il avait vu dans sa vision.

Il marcha pendant quelque minutes à travers la ville détruite, retrouvant ici l’endroit où il était mort, là les restes d’une maison qu’il avait aperçu. Evidemment il ne rencontrait personne, toute la population ayant fui la ville dès le retentissement de la cloche de l’Hôtel de Ville. Lorsqu’il se décida à quitter les lieux, il aperçut un groupe de gens au visage masqué par des cagoules, visiblement à la recherche de quelque chose, qui marchaient dans la même direction que lui Il hâta le pas dans leur direction et les appela :

- Hé là, attendez un peu !

Les interpellés firent volte-face.

- Attendez, qui êtes-vous ?

Ils se tournent vers celui qui semble être leur chef. Celui-ci fait un signe de tête, et ses acolytes foncent en hurlant sur Kanilova en dégainant des épées courtes.

« Pfff, ces Humains, se dit Kanilova, jamais aucun moyen de parler avec eux ! »

Il y avait cinq Humains, le chef compris. Les deux premiers qui arrivèrent sur Kanilova tentèrent de le frapper, chacun d’un côté, mais leurs épées furent stoppées par les lames de Kanilova.

Un autre arriva l’épée levée devant le Chasseur de Démons, qui fonça tête baissée. L’Humain tomba par terre, étourdi, et Kanilova se retrouva encerclé par quatre de ses ennemis.

Habitué à se battre seul contre de nombreux adversaires, il observa comment ils étaient disposés et attaqua celui qui était devant lui. Ce dernier recula sous la puissance de l’assaut du Chasseur de Démons, pendant que tous les autres bondirent en hurlant sur Kanilova.
Ce qui suivit se passa en moins de cinq secondes.

Le Chasseur de Démons s’accroupit aux pieds de son adversaire déstabilisé, tenant sa lame droite* près de son côté droit, et sa lame gauche** devant son visage, les deux pointes vers le bas.

Ensuite, dans une détente prodigieuse, il se releva puis sauta en tournant rapidement sur lui-même, faisant voler les armes de ses ennemis dans les airs dans un tourbillon de lames.

Il accomplit ainsi trois tours dans les airs, ses bras tendus balayant les épées de ses adversaires, et bien souvent, les brisant sous le choc.
Kanilova lui-même fut surpris de la rapidité et de la puissance de sa contre-attaque. Il regarda ses lames et vit que les phrases runiques semblaient briller d’une sourde lueur bleue.

Malgré la perte de leurs armes, les Humains n’abandonnèrent pas. Bien que surpris par l’attaque de leur adversaire, il repartirent à l’assaut en sautant sur le Chasseur de Démons afin de le submerger par leur poids, en évitant de se faire embrocher. Celui qui était parvenu à conserver son arme la leva alors, en criant à ses compagnons de s’écarter afin qu’il puisse achever Kanilova.
Ce dernier, ne l’entendant pas de cette oreille, attendit que, ses ennemis le tenant par les bras et les jambes, l’Humain armé soit au plus près pour se Métamorphoser.

*La lame qu’il tenait dans sa main droite.
**La lame qu’il tenait dans sa main gauche.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Jeu 12 Juin - 16:51

Chapitre 18 : Un voleur

La Métamorphose du Chasseur de Démons propulsa ses adversaires dans toutes les directions, dans une gerbe d’éclairs et de flammes.
Les Humains, complètement désarmés cette fois et terrifiés à la vue de ce changement si radical de leur adversaire, tentèrent de s’enfuir le plus vite possible.

Mais Kanilova, bien que toujours stupéfait par sa nouvelle puissance, avait quand même besoin d’eux. C’est pourquoi il lança une boule d’énergie ( pas trop forte ) juste devant les Humains. Elle explosa avec la force d’une bombe. Le Chasseur de Démons cria à ses adversaires jetés à terre par le souffle de l’explosion :

- Arrêtez-vous, qui que vous soyez ! Je ne vous voulais aucun mal, et je ne vous en veux toujours aucun, à moins que vous ne désiriez ma mort. Je veux simplement quelques renseignements !

Les Humains se relevèrent difficilement*, regardant leur chef dans l’attente de son ordre. Celui-ci, un peu déconcerté, trouva cependant le courage de répliquer :

- Ah oui ? Comme ça, tu ne nous voudrais aucun mal ? Tu as failli nous tuer, je te rappelle !

- Peut-être, rétorqua le Chasseur de Démons, mais si j’avais voulu vous tuer, je l’aurais très bien pu. J’ai juste besoin de votre aide !

- Eh bien, notre aide, nous ne l’offrons à personne, vois-tu ! Nous sommes les voleurs de Blackscourge ! Saches que, même si tu nous suppliais à genoux, nous ne t’aiderions pas !

- Je ne vous supplie pas. Par contre, Humain, si tu persistes, je vais me faire un plaisir d’exécuter tes compagnons un par un, jusqu’à ce que tu cèdes !

Disant cela, il s’était précipité sur les voleurs et les projeta à terre. Il saisit alors les compagnons du chef des voleurs, et lança :

- Alors ? Si tu veux les voir mourir, je suis ton homme ! Par contre, si tu promet de m’aider, je les relâche ! Je compte jusqu’à trois. Un …

Le chef n’avait plus vraiment le choix.

- Deux …

Il fallait aider cet être étrange, ou voir mourir ses compagnons.

- Tr …

- Attends !!!

Les Chasseur de Démons interrompit son geste de commencer à broyer la tête de l’un des captifs.

- Je … je te promet que je t’aiderai, qui que tu sois.

- Bien, dit le Chasseur de Démons en relâchant les voleurs.

Ceux-ci rejoignirent leur chef aussitôt, et ce dernier demanda alors à Kanilova en commençant à marcher :

- Bon, alors, qui es-tu ?

- Je suis un Elfe de la Nuit, je m’appelle Kanilova et je suis un Chasseur de Démons.

- … Ah d’accord … Bon, et que fais-tu ici ?

- Je pourchasse les Démons qui ont détruit cette ville il y a un peu plus d’une semaine.

Le chef des bandits émit un sifflement d’admiration, puis reprit :

- Les nouvelles vont vite. Bien, et en quoi peut-on t’aider ?

- Savez-vous où les Démons sont partis ?

Le chef des voleurs se retourna en déclarant :

- Moi, Feratol, chef des bandits de Blackscourge, je te jure, Kanilova, que les Démons ont disparu. Mes compagnons et moi avons vu la destruction de la cité, puis nous sommes partis, effrayés. Quand nous sommes revenus, ils avaient disparu ! Depuis nous fouillons la ville en quête de quelque butin.
« Merde, jura intérieurement Kanilova, ils ont déjà fait voile vers Kalimdor ! »

- Qu’y a-t-il ?

-Rien, rien. Savez-vous où je pourrais trouver un bateau ?

Feratol réfléchit un moment, puis répondit :

- Cette cité en ruine s’appelait Whitebird. Et il me semble que non loin d’ici il y a un petit village, situé lui aussi sur la côté, et là je pense que tu pourras trouver un bateau, Kanilova.

- Je te remercies, Feratol. Je te promet que si je reviens vivant de mon voyage, je ne t’oublierai pas.

- Bien. Que veux-tu d’autre, reprit Feratol.

- Je veux juste vous souhaiter bonne chance à l’avenir, et vous assurer que jamais je ne tenterai de vous faire quelque mal que ce soit.

- Merci, Kanilova. Tu resteras gravé dans ma mémoire, quoi qu’il puisse m’arriver.

Il tendit alors solennellement sa main au Chasseur de Démons, qui la serra sans aucune hésitation. Feratol sourit.

- Viens à notre campement, je t’invite. Tu reprendras ton village plus tard.

Kanilova avait décidé qu’il ne perdrait plus de temps. Cependant, décliner une invitation est malpoli.

- Euh, je suis désolé, mais ma quête ne peut attendre. Je vais reprendre la route immédiatement. Adieu, mes amis, et qu’Elune veille sur vous !

Bien qu’un peu surpris et déçu par la réponse du Chasseur de Démons, Feratol répondit dignement :

- Adieu, Kanilova. Que la Lumière guide tes pas sur le sentier de la victoire !

- Merci encore, Feratol. Adieu, mes chers bandits de Blackscourge, et portez-vous bien !

Sur ce, il sortit de la ville sans un regard en arrière, et continua son voyage le long de la côte, le vent du large dans les cheveux.

*note de l’auteur : Après avoir été jeté deux fois par terre à cause d’une explosion, c’est quand même normal d’avoir quelques bleus, non ?
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Jeu 12 Juin - 16:52

Chapitre 19 : Sur le ring

Kanilova marcha pendant deux jours, deux jours il ne vit rien de particulier, à part une association de deux petits crabes côtiers contre une grosse mouette. L’un des deux attirait la mouette près d’une petite élévation, d’où l’autre crabe sautait pour retomber sur la mouette et la blesser avec ses pinces. Il recommencèrent ce petit manège jusqu’à ce que la mouette s’effondre, morte, et qu’ils puissent la manger sans problèmes, ce qu’il firent.

« Qui a dit que les animaux ne sont pas intelligents, pensa Kanilova ».

Au bout de ces deux jours, il parvint enfin au village dont Feratol avait parlé. C’était un hameau peu étendu, situé juste entre terre et mer, avec un port abrité des vagues par une digue naturelle faite d’un arc de cercle de roche.

Contemplant le village, Kanilova se rendit compte qu’il n’avait pas d’or, ou très peu, et que les habitants du port ne lui céderaient pas leurs services pour aussi peu. Il décida d’entrer tout de même et de trouver un moyen de gagner de l’argent rapidement. Aux portes du village, les deux fantassins en faction le laissèrent entrer sans faire aucune difficulté, ce qui surprit grandement le Chasseur de Démons.

Il se promena à travers le petit port, en cherchant comment gagner de l’argent. Au moment où il commençait à désespérer, il aperçut une affiche dont le titre, écrit en grosses lettres rouges, disait : « TOURNOI DE COMBAT A MAIN NUE AUJOURD’HUI SUR LA PLACE. VENEZ NOMBREUX ! ».
Le Chasseur de Démons poursuivit sa lecture : « Les paris seront pris au début de chaque combat. Chaque combattant choisit un parieur, et dès que le combattant est mis K.O ou gagne le tournoi, ils se partagent équitablement l’argent. ».

C’était l’occasion rêvée. Kanilova se fit alors indiquer la place par un passant, puis courut dans cette direction. Lorsqu’il y arriva, le tournoi allait bientôt commencer. Au centre de la place, un ring avait été aménagé, délimité par des cordes tendues sur des piquets en métal profondément enfoncés dans le sol. Tout autour s’étaient regroupés les spectateurs. Les parieurs et les combattants avaient droit à un espace réservé, dans un entrepôt juste à côté de la place.

Le Chasseur de Démons se dirigea vers l’entrepôt. Un homme portant une courte épée se trouvait devant l’entrée. Kanilova s’approchant de lui en demandant :

-Excusez-moi, monsieur, mais où est-ce que je pourrais m’inscrire pour le tournoi ?

L’interpellé regarda un instant l’Elfe de la Nuit, puis dit d’une voix grave et posée :

-Pour t’inscrire, tu dois trouver un parieur et passer un accord avec lui. Je crois qu’il en reste un à l’intérieur. Au fait, les armes sont interdites.
-Oui, je sais, fit le Chasseur de Démons. Je peux vous les confier ?

-Bien sûr, répondit l’autre en prenant les lames.

-Merci, fit Kanilova en souriant.

Il entra dans l’entrepôt, où régnait une odeur de poisson. Il y avait 7 combattants, tous des Humains normaux, à part une véritable montagne de muscle qui devait mesurer dans les deux mètres dix. Bien que Kanilova mesurât un mètre quatre-vingt sept, ce combattant l’impressionnait un peu. Près de chaque combattant se trouvait un homme souvent richement habillé, qui lui prodiguait des conseils à l’oreille. Un seul n’avait pas de combattant. C’était un homme qui devait avoir trente ans, vêtu misérablement, visiblement assez pauvre. Il était assis dans un coin, la tête dans ses mains.

Kanilova alla le trouver et lui dit :

-Tu es un parieur ?

L’homme releva la tête, et répondit tristement :

-Oui, pourquoi ?

-Parfait, fit Kanilova, moi, je suis un combattant. Veux-tu faire accord avec moi ?

Les yeux du parieur s’agrandirent et une lueur d’intérêt s’y alluma.

-Si je veux … oui, oui, bien sûr ! Nous ferons moitié-moitié, d’accord ?

-D’accord.

-Alors marché conclu, s’écria la parieur en serrant la main de Kanilova.

Il attendirent l’ouverture du tournoi en bavardant. L’homme s’appelait Toral. Il était issu d’une famille pauvre, et il essayait de gagner de l’argent en faisant des paris, mais il n’était pas très chanceux. Il expliqua au Chasseur de Démons comment se déroulait le tournoi : au début du combat, les parieurs de chacun des combattants misent une certaine somme d’argent sur le vainqueur ; et certains spectateurs réguliers avaient le droit de miser aussi sur le vainqueur. Enfin, les autres parieurs pariaient entre eux sur le nom du vainqueur. A la fin du combat, le parieur et le combattant gagnant remportent la somme de tous les paris sauf ceux des autres parieurs, et reversaient une partie de la somme de tous les paris aux habitués. Ce qui fait que celui qui gagnait un combat remportait beaucoup d’argent. Mais Toral misait souvent malheureusement sur le perdant …

Une cloche sonna, et un homme vêtu richement entra sur le terrain en proclamant :

-Bienvenue à tous et à toutes. Je suis l’organisateur de ce tournoi. Je salue les habitués et souhaite un agréable divertissement aux nouveaux. Je vais maintenant demander aux combattants de s’avancer sur le ring avec leurs parieurs !

La cloche sonna et les combattants se rendirent sur le terrain, leur parieur à leur côté. L’organisateur du tournoi reprit la parole :

-Vu qu’il y a aujourd’hui huit combattants, notre tournoi se présentera de la manière suivante : il y aura quatre quarts de finale, deux demi-finales, et une finale. Je suppose que vous connaissez les règles, fit-il en s’adressant aux combattants. Pas de coup juste en dessous de la ceinture pour les raisons que vous savez, messieurs. Bien, nous allons maintenant former les duels.

Il fit un signe de la main, et un jeune homme au crâne rasé fit son apparition sur le ring. Il portait un vase dans lequel se trouvaient huit papiers. L’organisateur expliqua :

-Chacun de vous, dit-il en s’adressant aux combattants, va passer pour prendre un papier aux hasard, numéroté de un à huit. Ensuite, les numéros un et deux s’affronteront les premiers, puis le numéro trois et quatre, et ainsi de suite … Messieurs, si vous voulez bien vous donnez la peine …

« Et si on ne veut pas se la donner, cette peine, pensa Kanilova, qu’est-ce que tu vas dire ? »

Mais il attendit son tour pour choisir un numéro. Il avait pioché le numéro cinq.

-Bon, tu vas faire le troisième combat, fit Toral. J’espère que tout ira bien …

-Ne t’inquiète pas.

-Bien, reprit l’organisateur, les numéros un et deux sont priés de s’avancer sur le ring !

Le numéro un était un homme blond et maigre d’environ vingt-cinq ans, au regard peu assuré et nerveux. Le numéro deux, trapu et musclé devait approcher la quarantaine, avec ses cheveux qui commençaient à grisonner quelque peu et ses rides au front. Ils entrèrent sur le ring et se serrèrent la main, ou plutôt le numéro deux broya la main du numéro un. L’organisateur demanda aux parieurs combien ils souhaitaient miser. Ensuite il prit les paris des habitués. Enfin, il se retira du terrain et commença le compte à rebours :

-Quart de finale numéro un ! Trois, deux, un … ALLEZ !!

Et le combat commença. Le jeune blond courut tête baissée vers son adversaire qui esquiva d’un pas sur le côté. Il frappa ensuite le numéro un dans le ventre d’un puissant uppercut. Ce dernier resta statique un instant, puis se retourna, mais le quadragénaire ne lui laissa pas le temps de reprendre totalement ses esprits. Il le frappa de son poing droit dans la tempe, ensuite il lui faucha les deux jambes avec une balayette. Le blond s’effondra face contre terre. L’organisateur, qui faisait aussi office d’arbitre, compta jusqu’à dix sans que le numéro un se relève, malgré les injures que lui lançait son parieur hors de lui.

Le quadragénaire trapu fut déclaré vainqueur. Lui et son parieur empochèrent leur argent, et les habitués le leur, tandis que l’organisateur appelait le numéro trois et le numéro quatre sur le terrain.

Le numéro trois était un homme de trente ans environ, de taille moyenne et assez musclé. Le numéro quatre se trouvait être un tout jeune garçon, de dix-sept dix-huit ans environ, la démarche sûre, le regard vif, et la musculature impressionnante pour son âge. Ils entrèrent sur le terrain, s’écrasèrent gentiment quelques phalanges, puis attendirent que les parieurs aient fini de miser. Une fois cela terminé, l’ « arbitre » prononça le compte à rebours, et le deuxième quart de finale commença.

Le jeune homme de dix-huit ans attendit son adversaire qui se lança sur lui en hurlant. Il tenta de frapper son si jeune adversaire, mais son coup de pied fut stoppé par le bras gauche du numéro quatre. Ce dernier attrapa la jambe de son adversaire et commença à tourner sur lui-même. L’homme d’une trentaine d’année tenta de se dégager, mais l’étau du jeune homme de dix-huit ans ne se relâchait pas. Il fut obligé de faire du cloche-pied pour ne pas tomber, mais son adversaire accéléra le mouvement et lui balaya sa jambe libre. Le numéro trois ne touchait plus le sol. Le numéro quatre se mit alors à tourner si vite qu’on se demandait comment il faisait pour ne pas perdre son équilibre et rester aussi stable. Le numéro trois poussa un cri d’effroi quand son adversaire le lança en l’air avec une énergie peu commune, augmentée par la force centrifuge acquise pendant la rotation. L’homme d’une trentaine d’année s’éleva de cinq mètres au-dessus du sol, puis retomba dans un cri pour s’écraser sur les durs pavés du ring. Heureusement pour lui, il était retombé sur ses jambes, qui se sont brisées avec un craquement sec, mais ceci lui a permit de ne pas se tuer. Un grondement sourd, mêlé d’indignation et de crainte s’éleva de la foule. Le numéro quatre fut déclaré vainqueur, et on emmena le blessé hors du terrain. Le numéro quatre sortit du terrain en adressant un regard au public qui voulait dire : « Si vous avez un reproche à me faire, venez donc me le dire en face ! » . Il empocha son argent avec son parieur qui paraissait un peu effrayé.

L’organisateur appela enfin Kanilova et son adversaire sur le terrain. Ce dernier était un homme d’environ vingt-sept ans, la carrure forte, le visage dur. Il s’approcha du Chasseur de Démons et tenta de lui écraser la main, mais ce fut lui qui souffrit le plus de cette poignée de main.
L’organisateur s’approcha des parieurs et demanda combien ils voulaient miser. Le parieur du numéro six misa cinquante pièces d’or sur son combattant. Toral hésita un instant, et regarda Kanilova d’un air inquiet.

-Mise ce que tu veux, fit le Chasseur de Démons en souriant, de toute façon je gagnerai.

-D’ .. d’accord.

Toral annonça cinquante pièces d’or lui aussi. Il ne les avait pas …

-Tu es un peu présomptueux, murmura alors le numéro six à l’adresse de Kanilova. Je ne te laisserai pas gagner aussi facilement. Au fait, comment t’appelles-tu ?

-Kanilova, et toi ?

-Garyk. Heureux de faire ta connaissance. Maintenant, que le meilleur gagne !

Ils sourirent tous les deux, pendant que l’ « arbitre » criait son compte à rebours. Quand il hurla le début du combat, Kanilova adopta une position défensive, tandis que Garyk fonça sur lui.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Jeu 12 Juin - 16:52

Chapitre 20 : Demi-finale

Au moment où le numéro six allait l’atteindre d’un coup de poing, le Chasseur de Démons se baissa, serra son poing gauche et bondit un peu sur la droite en frappant. Garyk reçut ce coup dans le ventre, juste en dessous des côtes, pendant que Kanilova se retourna et lui lança son pied en pleine figure. Le nez du numéro six se brisa, libérant un flot abondant de sang. Il recula un peu, étourdi, et le Chasseur de Démons en profita pour se jeter sur lui, les bras tendus devant lui.

Il appuya ses mains sur les épaules de son adversaire et, avant que celui-ci ait pu faire quoi que ce soit, en une fraction de seconde, Kanilova avait replié ses jambes devant lui, puis il posa ses pieds juste des deux côtés du sternum. Alors que son adversaire commençait à tomber, d’une prodigieuse détente il sauta en arrière, jetant violemment Garyk au sol. Toujours en l’air, il lança ses jambes au-dessus de lui en même temps qu’il tendait les bras, puis retomba sur les mains. Il se rétablit en même temps qu’un murmure d’admiration lui parvint de la foule en délire. Cependant Garyk, malgré sa chute, ne s’avouait pas vaincu. Il avait le dos écorché, une forte douleur dans toute sa colonne vertébrale, et son nez coulait toujours aussi abondamment.

Il se releva à grand-peine, mais dès qu’il fut debout, Kanilova se précipita sur lui, lui envoya un uppercut dans le menton, un coup de genou dans le ventre, et un crochet du gauche dans la tempe. Le numéro six s’effondra sur le sol, la figure en sang. L’organisateur compta jusqu’à dix, pendant que Garyk s’efforçait de remonter sur ses jambes sans succès.

Le Chasseur de Démons fut donc déclaré vainqueur. On emmena Garyk sur un civière comme on avait emmené le numéro trois. Kanilova s’approcha de Toral qui n’en croyait pas ses yeux. C’était le plus beau combat qu’il avait jamais vu et il venait de gagner ! Il empocha son argent, puis reversa aux parieurs le leur avec un magnifique sourire.

Il emmena Kanilova dans l’entrepôt, et le félicita si élogieusement que le Chasseur de Démons le pria de s’arrêter et de lui donner simplement SON argent. Toral s’exécuta, toujours enthousiasmé.

Kanilova décida de ne pas regarder les autres combats après avoir constaté qu’ils se terminaient rarement par une victoire méritée. Généralement, c’était par chance, ou parfois même par accident qu’un adversaire l’emportait sur un autre. Il laissa la direction de la bourse à Toral, et se retira dans le hangar pour y méditer, comme il le faisait autrefois dans sa tente, au camp des Druides.

Il était complètement indifférent au monde extérieur. Seules ses pensées avaient de l’importance.

Il resta dans cet état jusqu’à ce que Toral vienne l’appeler pour participer à son prochain combat. Il allait se battre contre le quadragénaire trapu, le numéro deux.

Kanilova revint donc sur le ring. Son adversaire s’approcha, et lui demanda d’un air mauvais :

-Comment tu t’appelles ?

-Kanilova. Et toi ?

-Qareo.

Sur ce, ils se serrèrent la main. L’organisateur de tournoi donna le signal, et le combat commença.

Mais aucun des deux combattants ne bougeait. Ils restaient tous les deux dans une position défensive, attendant l’adversaire.

-Allez, le combat a commencé, cria l’organisateur.

-Ouais, allez, viens, petite larve, lança hargneusement le numéro deux.

« Petite larve, pensa Kanilova, la colère montant en lui, je vais lui montrer ce dont elle est capable, la petite larve en question ! »
Il se précipita sur son adversaire, et commença à le frapper si vite qu’on avait l’impression qu’il avait quatre bras et quatre jambes. Le quadragénaire n’en pouvait plus sous la grêle de coup que lui infligeait le Chasseur de Démons. Il tentait de parer, d’esquiver, ou même d’attaquer, mais il ne pouvait rien face à la véritable tempête de pieds et de poing qui s’abattait sur lui. Il était soulevé, jeté à terre, relevé, repoussé, tout cela sans que Kanilova cessât de le frapper. Enfin, moulu, il cria : « Jjj … jabando … ne. » . La foule salua ce nouvel exploit du Chasseur de Démons par une ovation assourdissante. Celui-ci, un sourire de triomphe aux lèvres, revint vers Toral qui, ne pouvant plus se retenir, se précipita vers son champion et l’embrassa, des larmes de joie aux yeux. « Tu as gagné ! Tu es en finale ! », ne cessait de répéter le parieur.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Jeu 12 Juin - 16:53

Chapitre 21 : David contre Goliath

Kanilova, un peu gêné par le geste de Toral, se dégagea doucement mais fermement. Comme il se dirigeait vers l’entrepôt, la montagne de muscle l’apostropha :

-Salut, je m’appelle Rhufor. Et toi ?

-Kanilova.

-Hum … Tu te bats bien, tu sais ?

-Euh … merci.

-J’espère qu’on se battra l’un contre l’autre !

-Oui, moi aussi !

Les deux combattants se dévisagèrent, une lueur de défi et de supériorité dans le regard. Enfin Kanilova repartit vers l’entrepôt, tandis que Rhufor se dirigeait vers le ring. Il croisa le garde à la porte, qui avait conservé soigneusement ses lames. Ce dernier lui dit :

-Félicitations ! Vous combattez comme nul autre. Je souhaite votre victoire !

-Je vous remercie, fit le Chasseur de Démons en souriant.

Il entra dans le bâtiment, s’assit dans un coin, et commença sa méditation. Ses pensées se dirigèrent vers Ortuhl et Celebel, sa bien-aimée. Il s’efforça de ne plus y songer, car cela le rendait mélancolique, en même temps qu’une rage sombre grondait dans son cœur.

Sans pouvoir s’en empêcher, il revit au ralenti le dernier instant où avait vu Ghal’Kil, et repensa à ce qu’on lui avait dit ensuite : « Il s’effondra par terre, dans une mare de sang, tandis que tu éclatais d’un rire … d’un rire, … Je ne peux pas le décrire, tellement il m’horrifia … » . Ces mot lui revinrent avec le sentiment d’horreur relatif à son crime.

Enfin, on vint le chercher pour son dernier combat. Abandonnant ses sombres pensées, il se rendit sur le ring, tandis qu’une véritable tempête sonore se déchaînait autour de lui. La foule en délire acclamait à qui mieux mieux. Kanilova s’avança, et tenta de résister tant bien que mal à l’étau de la main de Rhufor. L’organisateur donna le signal après son compte à rebours, et les deux combattants se précipitèrent l’un vers l’autre.
Rhufor leva ses deux mains, et les abattit violemment. Le Chasseur de Démons sauta de côté, et frappa la montagne de muscle dans les reins. Cette dernière grogna de douleur, puis se retourna. Kanilova était en face de son adversaire qui balança son poing dans sa figure. Le Chasseur de Démons évita cette attaque en se baissant, mais Rhufor l’expédia au sol d’un coup de genou dans la poitrine.

Le souffle coupé, Kanilova se rétablit difficilement pour trouver Rhufor juste devant lui. Il parvint à esquiver son premier coup de poing, mais le deuxième le renvoya au sol.

Kanilova se releva avec la ferme intention de ne pas se laisser faire. Rhufor, sûr de gagner, bondit sur son adversaire les bras en avant. Le Chasseur de Démons se jeta sur le côté. Rhufor, surpris, s’écrasa sur le sol du ring. Kanilova en profita pour monter sur son dos et, s’agrippant au cou de son adversaire, frappa, encore et encore, là où il le pouvait, jusqu’à ce que la montagne de muscle le rejette par terre.
Le Chasseur de Démons était presque vaincu. Il faut dire que Rhufor ne lui avait pas laissé de cadeau. Alors qu’il restait étendu par terre, la colère commença à s’emparer de lui. Rapidement, galvanisé par l’énergie que lui fournissait sa colère, il se releva, faisant face à un Rhufor atterré, et se jeta sur lui, fermant son poing si fort que ses jointures en devinrent blanches.

Son adversaire ne put pas se défendre tant le coup du Chasseur de Démons fut rapide et puissant. Il le reçut dans le ventre, et s’écroula sur le dos. Kanilova n’attendit pas et sauta sur lui. Il posa ses genoux sur les épaules de Rhufor et, aveuglé par la rage de vaincre, il martela son crâne de ses poings.

Le Chasseur de Démons ne voyait plus rien. Il frappait là où il savait que se trouvait la tête de Rhufor. Insensible aux coups maladroits de ce dernier, Kanilova lançait ses poings dans la figure de son adversaire, ses yeux aveugles ne voyant à travers son bandeau que l’image allégorique de sa rage.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Ven 13 Juin - 18:25

Chapitre 22 : Fin du tournoi

« Stop !! Stop !! Arrêtez ! Cessez le combat !! »

C’était l’organisateur qui s’égosillait ainsi, afin de mettre un terme au broyage de la boîte crânienne de Rhufor. Malgré ces cris, Kanilova continuait, la même rage au cœur, et la même détermination dans ses bras.

Deux ou trois combattants s’élancèrent sur le terrain, et, à grand-peine, arrêtèrent le Chasseur de Démons déchaîné. Celui-ci, séparé de son adversaire, reprit peu à peu son calme. On emmena Rhufor sur une civière. Alors que celle-ci se dirigeait vers l’hôpital religieux du village, Kanilova se précipita vers elle. Son adversaire était méconnaissable. La visage en sang, des bleus et des hématomes partout, le nez complètement écrasé, Rhufor tentait en vain de sourire. Alors que le Chasseur de Démons paraissait certain qu’il ne s’en remettrait pas, il balbutia :

- Bbb .. Bien j … Bi … Bien joué.

Un des hommes qui portait la civière écarta alors Kanilova en lui disant qu’il ne fallait pas fatiguer le combattant davantage en le forçant à tenter de parler.

Le Chasseur de Démons revint vers le ring, et appela Toral. Ce dernier n’était pas « blasé » par les victoires de son combattant, mais il avait l’air un peu effrayé. C’est pourquoi, après avoir reversé aux parieurs leur argent, il donna à Kanilova une belle somme d’argent : cinq-cent trente-sept pièces d’or.

- Voilà, fit Toral, tu as ton compte. Au fait, tu comptes rester dans les environs ?

Kanilova regarda un instant le parieur, puis il lui répondit :

- Non. Avec cet argent, je vais partir pour Kalimdor.

- Quoi ? Kalimdor ?? Pourquoi ?

- Parce que … j’y ai des choses à faire.

- Mais ne pourrais-tu pas les faire ici ? Je t’aiderai, si tu veux !

L’attitude de Toral, le ton suppliant qu’il prenait, et la certitude qu’il ne souhaitait que Kanilova reste ici uniquement pour qu’il puisse gagner encore plus d’argent irrita ce dernier qui répliqua sèchement :

- Non merci. Je crois que cela ira beaucoup mieux sans ton aide.

Sur ce, il se retourna et commença à se diriger vers les docks quand il entendit le bruit d’une lame tirée de son fourreau. Il continua de marcher, feignant de ne s’apercevoir de rien.

Toral s’approcha doucement dans le dos du Chasseur de Démons, leva sa dague et …

- Joue pas à ça avec moi.

Un froissement, un mouvement rapide, un bruit de métal, et Kanilova bloquait tranquillement le couteau du parieur en même temps que son autre lame pointait Toral au cou.

Celui-ci n’en menait pas large. Mais après un instant il se ressaisit, et sourit même :

- Vas-y, tue-moi ! Qu’est-ce que tu attends ? Je suis sûr que personne ne te verra, et que personne ne t’empêchera de partir d’ici !

Kanilova répondit calmement :

- Ca ne me dérangerait absolument pas de te tuer, si il n’y avait personne dans les parages. En tout cas, ne recommence pas, je suis bien trop fort pour toi à ce petit jeu.

Tout en parlant, il avait retiré ses lames et les rangeait tranquillement dans leur fourreau. Toral, surpris, ne se fit cependant pas prier et prit ses jambes à son coup.

Il se rendit compte alors qu’il avait oublié de reprendre son sac. Il se retourna donc et revint vers le ring à présent désert. Il se dirigea vers l’entrepôt sans croiser celui qui était censé y être pour surveiller. « Etrange ». Il entra, et vit Toral qui fouillait dans son sac pour voler les pièces d’or qui s’y trouvaient !

- TORAL REMET CES PIECES D’OR LA OU TU LES AS TROUVEES OU ALORS JE VAIS TE MONTRER COMMENT JE SUIS LORSQUE QUELQUE CHOSE M’ENERVE VRAIMENT !!

Le parieur sursauta, et ressortit son couteau.

- Ha ha ha ! Tu crois ? Moi je crois plutôt que je vais te lancer ce couteau dans le cœur avant que tu ais fait quoi que ce soit !

Il tenait son couteau de manière à pouvoir le lancer rapidement, par la lame. Le Chasseur de Démons s’approcha de lui en marchant, les mains sur ses lames.

- Attention, cria le parieur d’une voix blanche, je vais … je vais te tuer !

Kanilova s’arrêta. Il était à deux mètres de Toral, et celui-ci lança son couteau.

La courte lame fendit en une fraction de seconde.

Le Chasseur de Démons dégaina sa lame gauche et en frappa le couteau. Ceci ne dura même pas une demi-seconde.

Le couteau de Toral se brisa sous le choc, et ses morceaux s’éparpillèrent sur le sol et Kanilova s’avança en disant :

- Allez, remet ces pièces dans mon sac maintenant, et je te laisserai partir sans mal !

Le parieur ne savait plus quoi dire. Il s’écarta du sac. Le Chasseur de Démons le reprit, et Toral lui cracha dessus puis s’enfuit en courant.

Kanilova, excédé, tint son arme dégainée par la lame, et la lança de toutes ses forces. Cette dernière vola littéralement et atteignit sa cible avec un bruit sourd, accompagné d’un gémissement de douleur.

Nouveau meurtre. Volontaire, cette fois.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Ven 13 Juin - 18:25

Chapitre 23 : Départ vers Kalimdor

Kanilova se détourna du cadavre du parieur, sans ressentir aucun remords. Il se dirigea vers les docks en marchant lentement. Une fois arrivé, il regarda un instant les bateaux qui y étaient amarrés. Il désirait un grand bâtiment, mais pas trop lent. Tout ce qu’il voulait, c’était d’arriver à bon port sûrement et le plus rapidement possible.

Il remarqua un bateau d’environ cent mètres, possédant trois voiles, d’allure rapide. Il s’approcha de celui qui semblait en être le capitaine.

- Bonjour, fit Kanilova.

- Qu’est-ce que tu veux, cracha l’autre.

Il n’avait vraiment pas l’air sympathique, avec sa barbe hirsute, ses habits déchirés, et son visage tanné par le soleil et le sel de la mer. Cependant le Chasseur de Démons ne renonça pas.

- Je voudrais louer vos services.

- D’où c’est que tu veux aller ?

- Heu, à Kalimdor.

L’autre le fixa un instant, puis éclata d’un gros rire.

- Ha ha ha ! Kalimdor ! Et puis quoi d’autre ? Tu voudrais pas aller dans mon trou d’balle non plus ?

- Non, ça va merci, répondit calmement le Chasseur de Démons, je suis pas encore désespéré à ce point.

- Alors va voir ailleurs, minus.

Kanilova dégaina ses lames et en pointa une vers la capitaine du vaisseau.

-Hors de question. Tu vas me conduire en bateau jusqu’à Kalimdor sans faire d’histoire. Tu emmène tous les marins que tu veux mais nous partons demain matin à l’aube. Je me suis bien fait comprendre ?

- Glups … Euh, oui, oui, seigneur.

- Bien. Rendez-vous ici, demain, à l’aube.

Le Chasseur de Démons rengaina donc ses lames, et s’éloigna des docks.

Il marcha dans la ville, à la recherche d’une auberge où passer la nuit. Il passa devant un établissement qui lui parût convenable, nommé : « Le Dragon Noir ». Il poussa la porte bien entretenue du bâtiment, et entra.

Il régnait dans la salle principale de l’auberge une atmosphère conviviale, presque intime. Kanilova traversa la salle au milieu de groupes joyeux attablés, ne songeant à rien d’autre qu’à rigoler et à boire une bonne bière.

Il s’adressa à un homme qui lavait un verre derrière le bar :

- Pardon, pourriez-vous me dire où est le propriétaire de cette auberge ?

L’homme se retourna. Vu ses cheveux blanchissant, il devait approcher la soixantaine.

- C’est moi, fit-il d’une voix rauque. Tiens, tiens, un Elfe de la Nuit. Comme c’est étrange … Bien, que puis-je faire pour vous ?

- Je voudrais une chambre pour la nuit.

L’homme se pencha, sortit d’un tiroir un registre vieux comme le monde, chaussa ses yeux d’une paire de monocle, et dit :

- Bien, bien. Alors … Oui, nous en avons une … La numéro vingt-six est libre. Cela vous fera trente pièces d’or, pour simplement la nuit, et quarante si vous voulez le petit déjeuner.

- Parfait, répondit le Chasseur de Démons en sortant de son sac les soixante-dix pièces d’or, et les donna à l’aubergiste.

- Merci, fit celui-ci en lui tendant la clé de la chambre. Je vous souhaite une bonne nuit, monsieur.

Le Chasseur de Démons prit sa clé et monta l’escalier. Il commençait à se faire tard. Le soleil illuminait l’océan de sa lumière rouge comme le sang, et l’océan scintillait de mille feux.

Kanilova regarda un instant ce beau paysage de la fenêtre de sa chambre, puis il se coucha tout habillé et s’endormit.

Le lendemain, il se leva assez tard, ayant dormi d’un sommeil assez calme et profond. Après s’être étiré en baillant aux corneilles, il descendit prendre son petit déjeuner. Le propriétaire de l’auberge le salua d’un « bonjour ! » aimable, quoi qu’un peu endormi. Kanilova s’approcha de lui.

- Bonjour, fit-il, je voudrais prendre mon déjeuner.

- Ah oui, bien sûr, répondit l’autre. Edgar, cria-t-il en se retournant vers un couloir plongé dans l’obscurité, un petit déjeuner pour ce monsieur, et que ça saute !

Le Chasseur de Démons s’assit donc à une table, en attendant son repas du matin. Il était environ dix heures et demie, et le village se réveillait peu à peu. Une ou deux minutes plus tard, un jeune homme blond au teint pâle s’approcha de la table de Kanilova, un plateau en argent à la main et dit :

- Monsieur ? Votre petit déjeuner.

Le Chasseur de Démons le remercia, et prit son plateau des mains d’Edgar. Son petit déjeuner comprenait : deux tartines de pain aux céréales, un morceau de beurre, un saucisson, et une chopine de bière. Bien qu’il n’eût jamais mangé de saucisson, il dévora son petit déjeuner, puis, après avoir bu sa chopine, remonta dans sa chambre pour reprendre son sac.

Il rangea ses affaires dans son sac, regarda un instant l’océan semblable à un saphir géant sous le soleil, et redescendit. Alors qu’il allait repasser la porte du « Dragon noir », son propriétaire lui cria de derrière son comptoir :

- Au revoir, monsieur ! Au plaisir de vous revoir !

Kanilova se retourna, et répondit :

- Adieu ! Ce fut un plaisir !

Sur ce, il sortit de l’auberge, et chercha le capitaine grossier de la veille sur les quais. Il le trouva devant son bateau, semblable à la veille, sauf qu’il était en train de crier sur un marin d’une trentaine d’année et à l’air étourdi. Le Chasseur de Démons s’approcha, et demanda au capitaine :

- Eh bien, que se passe-t-il ?

Ce dernier ce retourna, et répliqua :

- Il y a que cet incapable n’est même pas fichu de monter sur un mât !!

L’incapable en question leva la tête et dit :

- Non, je ne sais plus monter sur un mât ; j’ai oublié comment on fait. Nuance.

- Toi, reprit rageusement l’autre, tu vas arrêter tes imbécillités et te mettre au boulot, ou sinon …

- Il suffit, coupa Kanilova. Laissez-le un peu. Toi, fit-il en s’adressant au marin, retourne travailler, d’accord ?

L’interpellé fit « oui » de la tête, et monta sur le navire, où s’affairaient déjà une bonne vingtaine de matelots.

- Ca, dit le capitaine, c’est l’équipage que vous m’avez demandé hier. Maintenant, j’aimerais qu’on en vienne au salaire. Je n’aime pas les clients qui se volatilisent une fois à bon port sans avoir payé.

- Parfait, ce sera une chose de réglée.

Dire qu’ils se mirent d’accord sur un prix rapidement serait mentir. Ils ne se décidèrent qu’après de si long marchandages que les matelots faillirent croire que finalement personne ne partait.

Finalement, Kanilova donna trois cent pièces d’or au capitaine, les deux estimant avoir fait une bonne affaire, et ils montèrent enfin sur le bateau. C’était un ancien navire de l’armée, aux dires du capitaine, qui se présenta alors comme le capitaine Ksarrow. A bord, les matelots s’affairaient partout, serrant des cordages, courant dans tous les sens, donnant des ordres ou bien les exécutant, bref, ils se démenaient pour que le bateau soit prêt à lever l’ancre le plus vite possible.

Le capitaine Ksarrow montra la cabine de Kanilova à ce dernier, qui posa immédiatement son sac sur le lit en déclarant que cela lui conviendrait parfaitement. Cette cabine, de quatre mètres sur cinq, contenait : un lit, une table, deux chaises, et une armoire. Alors que le Chasseur de Démons et Ksarrow restaient là, sans mot dire, un des membres de l’équipage entra et dit d’une voix caverneuse :

- Nous sommes prêt à appareiller, capitaine.

- Bien, matelot, répondit le capitaine, en ce cas, levez l’ancre ! En route pour Kalimdor !

Le marin se retourna après un bref signe de tête, et cria à l’équipage d’appareiller. Kanilova ferma la porte de sa cabine, et sortit sur le pont pour assister au départ. Cinq marins actionnaient l’espèce de grand roue qui relevait l’ancre. Bientôt cette dernière sortit de l’eau, au bout d’une chaîne rouillée. Lentement, le navire s’éloigna des quais, et le voyage vers Kalimdor commença.
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Sam 14 Juin - 20:49

Chapitre 24 : Retour au pays natal

Bien que Kanilova n’eût pas le pied marin, il se fit assez rapidement au tangages du navire, et quelques jours après le départ, il ne faisait plus profiter les poissons des environs de ce qu’il avait dans l’estomac.

Tout les jours, il se levait vers dix heures, après une bonne nuit de sommeil, et montait dans la cabine de Ksarrow boire un petit coup et « parlotter », selon ce dernier, et ensuite il redescendait prendre son petit déjeuner. En réalité, derrière ses airs antipathiques, Ksarrow était un homme de cœur, qui savait tout faire pour aider quelqu’un quand besoin était.

Lorsqu’ils parlaient ensemble, ils se racontaient chacun leurs exploits, Ksarrow parlant d’un air nostalgique de ses voyages tout autour des côtes de Lordaeron, et des gens qu’il avait rencontré au cours de ses péripéties. Quand le Chasseur de Démons prenait la parole, c’était pour narrer les épisodes marquants de sa vie après qu’il soit venu de l’autre côté de la Grande Mer. Il lui raconta ce qu’il fit au camp des Druides et dans un certain village dont la population paysanne baissa d’une façon étrange.

Après avoir pris son petit déjeuner, il se promenait sur le pont, saluant de la main les matelots qu’il croisait, en regardant la mer. Généralement il passait toujours voir le marin étourdi qui s’appelait Heor. Ils devinrent rapidement amis, car Heor était d’un caractère extrêmement doux et agréable. Ils pouvaient parler de tout et de rien pendant des heures, rire jusqu’à en avoir mal au ventre et l’instant d’après être aussi sérieux et grave que possible.

Le repas du midi se composait toujours de pain, de légumes et de fruits, le tout agrémenté d’eau, parfois de vin, sauf le dimanche, où le capitaine ordonna à ce que l’on sorte de la viande de porc salée, de la bonne bière de Khaz Modan, et d’autres mets délicieux.

L’après-midi, il faisait une sieste qui durait bien deux ou trois heures, ou alors il méditait à sa façon. Ses pensées se tournaient toujours en premier vers sa mission, puis le souvenir de Celebel pleurant silencieusement alors qu’il descendait, accroché au lierre de son pavillon lui revenait, et parfois Ksarrow passait devant la porte fermée de la cabine en entendant des gémissements.

Le soir, après avoir dîné avec les marins ( le menu, le soir, était le même que celui du midi ), il montait dans la cabine du capitaine pour des parties de cartes dans une atmosphère enfumée, mais sympathique et intime.

Le Chasseur de Démons se lia rapidement d’amitié avec l’équipage. Bientôt il les appela tous par leurs surnoms, comme : « Têtenfer », « Bradacier », « Le Cerveau », et « L’Etourdi » pour Heor.

Ksarrow montrait tout les soirs à Kanilova la distance parcourue pendant la journée, calculée d’après des repères que le Chasseur de Démons n’aurait jamais su interpréter. Durant les trois premiers jours, le vent de la côte les avait ralentis, mais maintenant, ils progressait rapidement. Le navire filait tout droit, sans aucune contrainte, à présent.

Kanilova espérait parvenir le plus vite possible à Kalimdor pour stopper les Démons, mais une fois là-bas, comment ferait-il ? Que pourrait-il contre onze Démons ? C’est à ce moment qu’il se rendit compte qu’il ne pourrait pas accomplir sa quête seul. Pourquoi avait-il refusé l’aide de Celebel ? Parce qu’il voulait la protéger, évidemment.

La nuit, le Chasseur de Démons faisait très souvent des cauchemars. Il se voyait, tué par les Démons, agonisant dans une mare de son propre sang ; il rêvait aussi de Celebel morte, son beau visage méconnaissable dans la mort, et d’Ortuhl en flammes, et parfois du camp des Druides ravagé, et de ses amis les Chasseur de Démons décimé sous ses yeux. Combien de fois se réveilla-t-il en sueur dans son lit, pour constater que ce n’était qu’un rêve. Et pourtant, il se demandait bien pourquoi cela ne serait pas aussi des visions ? Il s’efforça de chasser cette idée de sa tête.

Au bout de cinq jours, la mer commença à s’agiter. Elle devint houleuse et imprévisible, et au même moment, le temps se fit mauvais, et le vent souffla d’abord doucement, puis violemment et sans interruption. La pluie s’abattit sur le navire, rendant le pont dangereux quand on ne se tenait pas à quelque chose de solide.

Kanilova monta dans la cabine du capitaine à l’aube du sixième jour* et lui demanda la cause de ce changement. Ksarrow leva la tête de la carte qui était posée sur son bureau et lui dit :

- Nous approchons du Maelström, mon garçon.

- Le quoi ? Ca me dit quelque chose, mais …

- C’est une gigantesque tempête, l’ami. Et nous filons droit dessus.

- Ah oui, j’ai lu des légendes à propos de cela. Je pensais que ce n’était que des histoires pour faire peur aux enfants, mais …

- Eh bien non. Et maintenant tu as le choix : soit tu me dis de garder le cap, et nous serons plus vite à bon port, mais il y a un très grand risque que nous coulions, soit tu me dis de contourner le Maelström, et nous arriverons peut-être trop tard, mais au moins nous serons sûr d’arriver en un seul morceau.

Cruel dilemme pour le Chasseur de Démons. Arriver sûrement à Kalimdor, mais peut-être arriver trop tard pour rattraper les Démons, soit tenter d’affronter la tempête et arriver avec de la chance à bon port plus rapidement.

- Je … je reviendrai dans la soirée pour te le dire, d’accord ?

- D’accord, garçon.

Kanilova retourna dans sa cabine en s’accrochant prudemment à tout ce qui dépassait du mur. En chemin il croisa Heor.

- Salut, beau temps, hein, plaisanta ce dernier.

Il pleuvait comme si les gouttes d’eau était des projectiles lancée par quelque esprit malfaisant du ciel.

- Oui, ça va, répondit le Chasseur de Démons, mais il fait un peu frisquet.

Le fait d’être trempé par la pluie froide et d’être ensuite fouetté sans répit par le vent donnait une certaine impression de fraîcheur.

- Ah ? Tu trouves ? Bon, j’ai à faire, à tout à l’heure !

- A plus tard !

Les deux amis se séparèrent. Kanilova retourna dans sa cabine, et s’assit sur son lit et commença à réfléchir à ce qu’il allait dire au capitaine Ksarrow ce soir.

Quelques minutes plus tard, il ressortit de sa cabine, le visage fermé, et frappa à la porte de la chambre du capitaine. Ksarrow lui dit d’entrer, ce qu’il fit.

-Alors, fit le capitaine du navire, avez-vous décidé ?

- Oui.

Le Chasseur de Démons savait qu’il prenait un énorme risque, d’un côté comme de l’autre, mais il fallait bien choisir l’une ou l’autre voie.

- Bien. Tenterons-nous de braver la tempête, ou la contournerons-nous ?

- Nous la traverserons.

Cette phrase s’était échappée des lèvres de Kanilova sans qu’il ne l’ait même formée dans son esprit.

- Comme vous voudrez. Je vais donner les ordres.

Sur ce, le capitaine sortit de sa cabine, et hurla aux matelots qui se trouvaient à l’extérieur des mots que Kanilova ne put comprendre. Ce dernier sortit également de la cabine, pensif, rempli d’angoisse mais aussi d’un espoir. La peur de ne pas arriver à Kalimdor, et l’espoir ( totalement indépendant de sa quête ) de revoir enfin la terre qui l’avait vu naître.

Il partit se coucher sans dîner, l’esprit empli d’images confuses et des sons divers que produisait la tempête dans laquelle ils allaient tenter de survivre. Il ne parvint d’ailleurs pas à dormir extrêmement longtemps, les soubresauts que subissait le navire l’empêchant de s’endormir. Le lendemain, il se leva de bonne heure, pour découvrir que le temps était devenu encore pire que la veille, si cela était possible. Un vent violent fouettait le vent sans interruption ni accalmie, les cinglant d’une pluie si froide qu’on eut volontiers cru qu’il s’agissait plutôt de grêlons. D’ailleurs, parfois la température, déjà très basse, descendit encore plus bas, et ce fut une véritable averse de grêle qui s’abattit sur le bateau.

La tempête qui se déchaînait autour du bateau avait cessé d’augmenter d’intensité, mais il était très difficile et très dangereux de marcher sur le pont, à cause du vent et de la pluie. A présent, la mer formait des vagues énormes, qui soulevait lentement le bateau sur de véritables montagnes d’eau pour ensuite le précipiter à une vitesse ahurissante dans des vallées aquatiques. Malgré la fureur de Maelström, les marins semblaient ne pas s’inquiéter, et Heor assura à Kanilova que « ce n’est qu’un léger coup de vent qui va passer, ne t’inquiètes pas, l’ami ». Le Chasseur de Démons, bien que loin d’avoir le même point de vue, ne désespérait pas. Le navire, bien que secoué et ballotté dans tous les sens chaque seconde, ne semblait pas vouloir couler. Aucun grincement ne se faisait entendre dans la coque, disaient les matelots qui s’y affairaient.
Au bout d’un moment, les vagues s’arrêtèrent. En fait, le bateau n’était plus ballotté par elles, mais il était à présent comme entraîné par une espèce de courant. Le Chasseur de Démons sortit de sa cabine pour voir ce qu’il en était. Ce qu’il vit le fit frémir d’horreur. Dans un fracas assourdissant, des centaines de kilomètres cube d’eau se précipitaient dans un tourbillon gigantesque, qui semblait couvrir des centaines de kilomètres, et vers lequel le navire se précipitait ! En s’accrochant à tout ce qu’il pouvait, le Chasseur de Démons se dirigea aussi vite que possible vers la cabine du capitaine, pour l’avertir du péril qui les menaçait.

- Capitaine ! Capitaine ! Le bateau est entraîné vers le Maelström !

Ce dernier ce leva aussitôt de sa chaise où il était assis, comme endormi, se rua au dehors, et une fois arrivé à portée de voix de celui qui maniait le gouvernail, il hurla pour couvrir le son du vent et du tourbillon :

- A BABORD TOUTES ! A BABORD, OU NOUS ALLONS COULER !!!

- BIEN, CAPITAINE, cria en retour le marin.

Le tourbillon s’étendait à droite du navire, et se rapprochait de plus en plus sous les yeux terrifiés de Kanilova et de Ksarrow. Mais, au lieu de tourner à bâbord, le navire poursuivit sur sa lancée, c’est à dire qu’il se rapprochait du Maelström en tournant lentement à tribord.

- Que se passe-t-il, interrogea Ksarrow, pourquoi est-ce qu’il ne tourne pas ?

Le Chasseur de Démons réfléchissait à toute vitesse. Soudain son visage s’éclaira, et sans dire un mot il se précipita vers le gouvernail, sans prêter oreille à ce que lui hurlait le capitaine du bateau. Une fois tout près d’Heor, car c’était lui qui tenait le gouvernail entre ses mains, il cria :

- A TRIBORD !! A TRIBORD, VITE !

- MAIS NOUS IRONS DROIT SUR LE TOURBILLON !

- NOOOOOOOOON !! TOURNE CE GOUVERNAIL, SI TU VEUX NOUS SAUVER !

Heor, bien que surpris, tourna le gouvernail à tribord comme le conseillait son ami. Ksarrow arriva, et demanda pourquoi on tournait le gouvernail à tribord. Kanilova, le visage crispé, s’expliqua :

- QUAND ON TOURNE LE GOUVERNAIL A BABORD, LE COURANT QUI NOUS POUSSE POUSSE AUSSI LE GOUVERNAIL, ET C’EST CELA QUI NOUS FAISAIT TOURNER VERS LA DROITE ! SI LE GOUVERNAIL EST TOURNE VERS TRIBORD, LE COURANT DEVRAIT NOUS FAIRE TOURNER VERS BABORD !!

Une lumière se fit dans l’esprit des deux hommes. Ils louèrent la sagacité du Chasseur de Démons, et ce dernier et le capitaine du vaisseau retournèrent voir si le bateau s’éloignait de la zone dangereuse. Et en effet, comme Kanilova l’avait prévu, le navire tourna lentement à bâbord, laissant de côté l’énorme tourbillon du Maelström. Tout en remerciant chaudement le Chasseur de Démons pour son idée lumineuse, Ksarrow retourna dans sa cabine, et Kanilova dans la sienne. Peu après avoir quitté les proches environs du tourbillon, le navire revint dans une zone où les vagues reprenaient leurs droits, n’étant plus « cassées » par la puissante force du gigantesque entonnoir formé par le tourbillon.

Cette situation dura plusieurs jours, et Kanilova dut bien malgré lui vider son estomac par dessus-bord à de nombreuses reprises. Enfin, les nuages s’éloignèrent, où le bateau s’éloigna d’eux, le temps se radoucit, la mer se fit progressivement plus calme, et les vagues cessèrent de faire danser le navire. La pluie, après s’être abattue pendant des jours et des jours, cessa, et le vent ne souffla plus que par à-coups, et beaucoup moins fort. Un beau matin, où le soleil brilla pour la première fois depuis qu’ils étaient entrés dans la zone de la tempête, Kanilova se rendit dans la cabine de Ksarrow, et celui-ci lui annonça avec un grand sourire :

- Nous sommes sorti du Maelström, garçon ! Nous avons réussi !

- C’est magnifique, répondit le Chasseur de Démons avec un soupir de soulagement.

- Nous allons droit sur Kalimdor maintenant, plein Ouest.

- Très bien, fit le Chasseur de Démons, ravi.

Il sortit de la cabine du capitaine, sous un soleil radieux et un ciel sans nuages, et peu à peu la routine reprit. Ces habitudes durèrent jusqu’au quatorzième jour, où enfin, le marin à la vigie cria « Terre ! Terre ! Nous voilà arrivés ! ». Ce cri plongea Kanilova dans un état d’euphorie totale. Il allait enfin revoir la terre qui l’avait vu naître. Assis dans sa cabine, il se remémora sa vie antérieure à ce qu’il avait vécu dans la forêt d’Elwynn. Il se rappelait d’abord ses parents. Son père, un Elfe doté d’une puissante musculature, et d’un caractère doux, mais il était très prompt à s’emporter. Mîrnarrûth**, son père, était très susceptible, complètement l’opposé de sa mère, Hirilmel***, la douceur personnifiée. Chaque souvenir qu’il avait d’elle lui montrait une Elfe si belle, si délicate qu’on aurait donné sa vie pour elle avec bonheur. Elle était d’un naturel calme, autant qu’il s’en souvenait, et ne s’énervait jamais. A chaque fois qu’il pensait à sa mère, Kanilova ne pouvait s’empêcher de pleurer en songeant au regard à la fois protecteur et triste qu’elle posait sur lui, le soir, quand il s’endormait. Il se souvenait avoir vécu auprès de ses parents durant cent vingt-quatre ans, et puis il était parti de la maison en haut d’un arbre qu’ils habitaient, et dont il gardait un souvenir impressionnant de détails.
Il ne se rappelait pas bien ce qu’il avait fait, à part qu’il était devenu un Chasseur de Démons jusqu’au moment où il revint à la maison de ses parents, qu’il trouva en ruines, tout ayant brûlé, mais ce qui le marqua le plus, pour le reste de sa vie, ce fut de découvrir les deux cadavres de ses parents, mutilés, dans des positions de pantins désarticulés. Après avoir enterré ses géniteurs, il passa des heures à tourner autour de leur tombe, comme fou, hurlant sa douleur, son désespoir et son chagrin. Il avait versé plus de larmes ce jour-là qu’à n’importe quel autre moment de sa vie. Enfin, la chagrin avait fait place à la haine contre ceux qui avaient massacré ses parents, son désespoir était devenu une soif de vengeance, et sa douleur une rage indescriptible. Après avoir jeté un dernier regard sur la tombe où ses parents reposeraient en paix, il était parti, suivant des traces encore fraîches, avec la ferme intention de massacrer ceux qui étaient responsables de la mort de ceux qui l’avaient élevé. Il avait suivi ces traces jusqu’au plus profond d’une forêt toute proche, jusqu’à un feu de camp. Autour de ce feu se trouvaient trois Orcs. Un Maître-Lame, et deux Grunts. En poussant un cri de rage, il s’était précipité sur les meurtriers de ses parents. Ce fut la première fois dans sa vie qu’il tua quelqu’un. Il avait sauté sur le Maître-Lame, qui, surpris, ne put que subir le puissant coup que lui asséna Kanilova, et qui sépara bien nettement sa tête de son corps. Ensuite les deux Grunts n’avaient pas opposé une grande résistance, et étaient tombés facilement. Le Chasseur de Démons se rappelait encore la scène, lui debout, les lames ruisselantes de sang, le feu éclairant trois cadavres Orcs et une tête qui regardait fixement le ciel. Après avoir quitté les lieux, il était revenu près de la tombe de ses parents pour leur dire un dernier adieu. Ensuite, rassemblant le peu de choses qu’il possédait, il avait erré longtemps de par Kalimdor, puis la Grande Bataille contre les Démons éclata.

Il est inutile de rapporter ici ses exploits, il suffit de dire qu’il se battit comme personne n’aurait jamais cru qu’un Chasseur de Démons le pouvait, c’est à dire mieux que quiconque, et certains en vinrent à le surnommer : « Valthalion », ce qui signifie : « Pouvoir sans Peur », en référence à la puissance qu’il dégageait contre des ennemis plus forts et plus nombreux que lui. Si peu retinrent son nom, c’est parce qu’il mit tout en œuvre pour attribuer à d’autres ses propres exploits. Cependant quelques guerriers se souvenaient de lui. Après la fin de la guerre, et du déchirement de la majeure partie de la terre de Kalimdor, il décida de partir de ce continent, pour essayer d’oublier son chagrin. A cette époque, le Maelström n’était pas encore formé. Il accosta dans une région proche de Westfall, sans pour autant s’approcher d’elle par un concours de circonstance, et il tomba un beau jour sur la forêt d’Elwynn, et elle lui parut si belle et si verte, avec ses arbres et le soleil qui brillait au travers des feuillages verdoyants, que cela fut comme une lumière dans les ténèbres qui assiégeaient son cœur depuis trop longtemps.
Lui qui était devenu sombre, réservé et distant redevint rapidement celui qu’il était réellement : un Elfe doté d’un humour cassant et noir, et joyeux dans la plupart des choses qu’il faisait, bien qu’un voile noir fût tombé sur son esprit depuis des années, un voile qui, il le savait lui-même, ne se pouvait déchirer.

Il avait rejoint les Druides rapidement, s’était lié d’amitié avec eux, et bien vite, il se sentit dans leur Camp comme chez lui.

Deux coups frappés à la porte de sa cabine le sortirent de ses souvenirs. Il marmonna machinalement : « Entrez », et Ksarrow apparut dans l’embrasure. Il dit simplement :

- Nous allons accoster d’ici cinq ou six heures, l’ami. Avant de te quitter, j’aurais voulu te dire que cela a été un plaisir que de t’avoir à bord, garçon.

Il avait un air un peu emprunté en disant cela. Il tenait à dire ce qu’il pensait, mais ne sachant pas trop comment s’y prendre, il se trouvait très gêné.

- Je vous remercie, capitaine, répondit le Chasseur de Démons, et je suis heureux de vous avoir connu.

- Hé, mais pourquoi on se parle comme ça ? On n’est pas sur le point de se quitter je crois, non, demanda le capitaine en retrouvant son air naturel.

Cette remarque les fit rire tous les deux.

- Bon, reprit Ksarrow, je vais donner mes ordres. Comme nous arriverons probablement après l’heure du repas, ce soir nous festoierons avec tout ce qui nous reste comme vivre. Apprête-toi à bien manger ce soir, l’ami !

Sur ce, il sortit de la cabine et referma la porte. Kanilova resta assis encore un moment. De nombreuses émotions le faisaient frémir, comme la peur à l’idée d’échouer dans sa mission, ou la joie de retrouver enfin, après toutes ces années, la terre de Kalimdor.

Il resta à réfléchir sur ses pensées, puis il sortit sur le pont pour observer avec impatience sa terre natale se rapprocher peu à peu. Heor le rejoignit.

- Alors, content d’arriver bientôt ?

- Tu ne peux pas savoir à quel point, mon ami.

- Tu es déjà venu ici ?

- Je suis né sur cette terre.

- Oh. Et pourquoi alors as-tu traversé la mer ?

- Eh bien, parce que je … je fuyais mes souvenirs.

- Quels souvenirs ?

Le Chasseur de Démons se tourna vers Heor, et lui répliqua avec brusquerie :

- Je ne peux pas te dire lesquels.

- O.K, O.K, très bien, fit l’Etourdi, je ne voulais pas te vexer.

- Excuse-moi. Je me suis emporté.

- Cela ne fait rien.

Un silence uniquement troublé par le bruit des vagues s’installa. N’ayant plus rien à dire, Heor s’en retourna à ses activités sans dire un mot. Kanilova resta seul, admirant la beauté de sa terre natale. Il resta à cet endroit jusqu’à ce que la cloche du dîner le sorte de ses pensées. Il se dirigea machinalement vers la salle à manger du bateau. La table était recouverte des meilleurs plat qu’on avait trouvé dans la réserve à vivres.

On servait un très bon vin, et de la bière brassée par les Nains de Khaz Modan (une bière qui devait approcher des 100° d’alcool). Ce fut un inoubliable repas, tant pour le Chasseur de Démons que pour les marins et le capitaine. Ils firent tous excellente chère, firent de véritables crises de rire pour un rien, en un mot passèrent autour de la table un superbe moment.

La plupart des marins sortirent de la salle légèrement « bourrés », mais Kanilova et Ksarrow, qui s’étaient montrés raisonnables en matière de consommation de boissons alcooliques, purent rentrer dans leur cabine sans trop trébucher ou heurter les murs en produisant des borborygmes indescriptibles. Kanilova rassembla ses affaires dans son sac, et retourna sur le pont contempler sa terre natale qui lui semblait si proche à présent, presque à portée de main …

- Hé, l’ami ! On va accoster, réveille-toi !

Le Chasseur de Démons sortit de son sommeil grâce à l’aide de Ksarrow. Il ne comprenait pas bien comment il s’était assoupi, mais bon, l’essentiel était que l’on arrivait enfin ! Un sourire aux lèvres il retourna dans sa cabine, prit son sac, et fut le premier à poser le pied à terre.

Dès qu’il fut sur le continent qui l’avait vu naître, Kanilova se sentit beaucoup mieux. Une bonne part de sa peur s’était évanouie, et une foule de souvenirs enfouis au plus profond de sa mémoire lui revinrent. Le capitaine s’approcha de lui, accompagné d’Heor.

- Voilà, c’est ici que nos routes se séparent, garçon.

- En effet. Je veux que vous sachiez que …

-Ne dis rien. Je sais ce que tu penses, et je voulais juste te dire la même chose, Kanilova.

Ce fut la première fois que Ksarrow appela le Chasseur de Démons par son nom.

- Kanilova, fit Heor, ça a été un plaisir de faire ta connaissance. J’espère que, où que tu ailles, la Lumière te protège.

- Je te souhaite la même chose, Heor. Adieu.

Sur ce, le Chasseur de Démons se retourna, et, son sac sur le dos, s’enfonça dans la nuit. Le navire avait accosté près de la forêt d’Ashenvale, et Kanilova avait décidé de commencer ses recherches dans cette direction. Pendant un long moment il marcha doucement, admirant la beauté de sa terre natale, puis quelque chose le troubla. Quelque chose n’allait pas. Sans même s’en rendre compte, il accéléra le pas. Il ne savait pas ce qui le gênait jusqu’à ce son nez lui indique la présence d’une odeur familière : celle des Démons !

* « A l’aube du sixième jour » ; j’allais quand même pas copier sur le titre d’un film !
**Mîrnarrûth : en elfique : Courroux du Joyau de Feu (voir Celebel, Kalorn ou Edhelros)
***Hirilmel : en elfique : Dame d’Amour (Voir Celebel, Kalorn, Edhelros ou Mîrnarrûth
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MessageSujet: Re: Combat éternel   Sam 14 Juin - 20:50

Chapitre 25 : En route pour Ashenvale

Il se mit à courir, son sac le heurtant à chaque pas. Il courut aussi vite qu’il le put, son esprit restant concentré sur la piste qu’il suivait et qui, selon ses souvenirs, devrait le mener droit vers la forêt d’Ashenvale. Comme il ne regardait pas le sol, il trébucha sur une racine et s’étala de tout son long dans l’herbe. Alors qu’il se relevait, quelque chose dans la forme d’une butte de terre non loin lui rappela la tombe de ses parents, il ne savait pas pourquoi.

Le Chasseur de Démons, à genoux, ne put retenir ses larmes. Son poing se leva puis s’abattit violemment sur le sol. Il maudissait sa quête qui l’empêchait de retourner pour la première fois depuis des années à l’endroit où reposaient ses parents. La colère l’envahit, il se releva, et se remit à courir, cette fois animé par une rage intense. Il parcourut ainsi une grande distance, sans ressentir les effets de la fatigue, et certains esprit de la forêt qui le virent passer crurent voir non pas un Elfe de la Nuit, mais plutôt un Demi-Dieu.

Sur son passage, Kanilova rencontrait des endroits qu’il avait autrefois connus comme verdoyants et agréable, mais qui étaient devenus des havres de pourriture et de cendres. Ceci augmenta encore sa colère, si cela était possible. Le Chasseur de Démons se trouvait non loin de cet état aveugle dans lequel il avait tué Ghal’Kil et rossé Rhufor ; malgré tout il fit des efforts non pas pour se calmer, mais pour s’empêcher de sombrer dans la folie furieuse qui le menaçait.

Au bout d’un long moment, sa rage ne put empêcher la fatigue de prendre le dessus. Kanilova ralentit peu à peu son allure, ensuite il marcha, et enfin il s’arrêta. Il eut juste le temps de faire un feu, de manger un morceau et de se coucher avant de sombrer dans un sommeil profond et sans rêves.

Le lendemain, il se réveilla assez tard, mais il était complètement revigoré après cette courte mais bonne nuit de sommeil. Même s’il n’aurait jamais pu courir à nouveau toute la distance qu’il avait parcourue la veille, il se sentait prêt pour franchir une nouvelle étape vers Ashenvale. Ce qu’il fit. D’après des repères qui avait peu changé depuis la dernière fois qu’il était passé par ici lui indiquaient qu’il n’était plus qu’à quelques dizaines de kilomètres de la forêt sacrée des Elfes de la nuit.

A midi, il s’arrêta de courir sous le soleil brûlant, et s’assit pour manger et boire. Contrairement à ce qu’il pensait, la région n’était pas aussi dévastée qu’il le supposait. Sans doute parce que les Démons voulaient arriver le plus vite possible à leur but. Mais quel était-il ?

« L’Arbre Monde ». Une lumière se fit dans son esprit. Les Démons allaient utiliser les dernières réserves d’énergie de l’Arbre et la puissance de l’Amulette pour … Pour quoi au juste ? Mais bien sûr ; en utilisant les pouvoirs combinés de l’Arbre et de l’Amulette, ils allaient ouvrir un portail pour permettre aux Démons de ressurgir !

Un nouveau Retour de la Légion Ardente signifiait la destruction totale et définitive de l’Arbre. Et s’il périssait, les Elfes de la Nuit en mourraient ou perdraient tous les pouvoirs. Les Démons pourraient alors les écraser. Avec une telle puissance, la Légion Ardente aurait alors le pouvoir de dominer le monde. Mais Kanilova, qui en savait long au sujet des Démons, pouvait prédire que la Légion ne se contenterait pas de dominer Azeroth, elle détruirait ce monde !

Dans ce cas-là, il fallait faire vite. Pour la première fois, le Chasseur de Démons se rendit compte que le destin du monde était entre ses mains, et que la moindre erreur pouvait conduire à l’échec, et l’échec à la fin du monde. C’est rapidement qu’il se remit en route, cette fois non plus sous l’emprise de sa rage, mais sous celle de la peur d’arriver trop tard.

Il s’inquiétait de ne voir aucune habitation sur son passage. Les Elfes de la Nuit auraient-ils quitté cette région ? Cela lui semblait peu probable. Il optait plutôt pour l’hypothèse suivante : les Elfes avaient été chassés par les Démons. Il continua sa route, et à la fin de la journée il aperçut deux choses porteuses d’espoir : une maison dont les fenêtres étaient éclairées, et enfin, la splendide forêt d’Ashenvale.

Exténué par sa longue journée, il frappa à la porte de la maison qui ressemblait fort à un arbre, et cet arbre semblait être bien plus vivant que n’importe quelle plante que Kanilova ait jamais vu. Il perçut des voix à l’intérieur. Enfin on vint lui ouvrir, et telle ne fut pas sa surprise en voyant une Dryade !

Cette dernière n’avait pas, comme la plupart des autres, un corps et des pattes de cheval, et un buste de femme, elle était entièrement une femme. Une femme d’une grande beauté, comme toutes les Dryades, avec des cheveux verts, qui ressemblaient à de longues feuilles.
La Dryade ne portait rien sur elle, et d’un geste elle invita un Chasseur de Démons abasourdi à entrer en souriant. Elle referma la porte derrière lui en souhaitant la bienvenue. Kanilova répondit poliment, puis fut introduit dans une pièce où trois autres Dryades, en tous points semblables à la première étaient assises dans des sièges de mousse et de feuilles. Elles non plus ne portaient pas de vêtements. Toutes les trois adressèrent un « Bonjour ! » enjoué au Chasseur de Démons qui commençait à être gêné par la nudité de ses hôtes.

- Je m’appelle Dyora, fit la Dryade qui l’avait fait entrer.

- Moi c’est Avenory, dit une deuxième.

- Mon nom est Minael, fit en riant une troisième Dryade.

- Et moi on m’appelle Hianossa, termina la quatrième.

Kanilova ouvrit la bouche avec difficulté pour articuler :

- Hem … Je m’appelle Kanilova.

- Dis donc, t’as l’air d’être un Chasseur de Démons, reprit Dyora, je me trompe ?

- Eh bien, oui, je suis un Chasseur de Démons.

- Qu’est-ce que tu fais par ici, fit Minael avec un air malicieux.

- Je viens de l’autre côté de la mer.

- Oho, s’écria joyeusement Avenory, un visiteur venu d’outre-mer !

- Allons un peu de calme les filles, fit Dyora qui semblait être l’aînée des Dryades, et que viens-tu faire ici ? Sache que si tu vas à Ashenvale, des Démons t’attendent.

- Je sais, répondit Kanilova, mais je dois y aller.

- Comment le sais-tu ?

- Pourquoi dois-tu y aller ?

- Est-ce que tu vas rester un peu avec nous ?

Devant toutes ces questions le Chasseur de Démons recula involontairement, puis répondit calmement :

- Je le sais parce que notre Déesse, Elune, m’a envoyé une vision. Et je dois y aller parce que je dois récupérer un objet très puissant que ces Démons ont dérobé.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Il s’agit d’une Amulette bénie par votre père, le Demi-Dieu Cenarius.

Les quatre Dryades se dévisagèrent un instant, puis sourirent. Dyora, qui entre-temps s’était assise, offrit un siège à Kanilova qui s’enfonça dans la mousse.

- Notre Père t’aurait confié cette Amulette, interrogea Hianossa.

- Pour dire la vérité, non. En fait il l’a confiée à un de ses fils, un Gardien du Bosquet, et ce dernier l’a donnée à des Druides qui vivent là d’où je vient. Ce Gardien du Bosquet, dit-on, était voyant.
Les quatre Dryades dévisagèrent le Chasseur de Démons, puis Dyora reprit la parole :

- Bon, il commence à se faire tard. Kanilova, nous feras-tu l’honneur de dormir en notre humble demeure ?

- Ce sera avec le plus grand des plaisirs, Dryades.
Sur ce, les filles de Cenarius se levèrent en riant, et sortirent de la pièce. Dyora sortit la dernière et fit signe au Chasseur de Démons de venir.

Ils montèrent un escalier sculpté dans le bois, et arrivèrent dans la chambre à coucher. C’était une pièce avec trois ou quatre fenêtres, très accueillante, mais il n’y avait que quatre matelas sur le sol !

- Bon, fit Dyora en faisant signe aux autres d’arrêter de se faire mal au ventre à force de rire, si cela ne te dérange pas, tu vas dormir sur le sol une partie de la nuit, et tu me réveilleras quand tu voudras pour que je prenne ta place, d’accord ?

- Oh je crois que le sol me conviendra parfaitement.

- Dans ce cas … bonne nuit !

L’une des quatre Dryades éteignit la lanterne qui éclairait la chambre, et les filles de Cenarius sautèrent avec des cris de ravissement sur leur matelas en mousse et en feuilles. Le Chasseur de Démons s’étendit quant à lui sur le sol, à côté du matelas de Dyora, son sac posé à côté de lui. L’aînée des Dryades se tourna vers lui et le regarda longuement, ses yeux bleus fixé sur Kanilova, longtemps après que ce dernier se fut endormi.
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Combat éternel
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