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 L'enfant à la laisse

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MessageSujet: L'enfant à la laisse   Mer 27 Aoû - 9:34

Intro :

NANTES, ville située en France

Il court comme un fou pour se réchauffer, le petit Nicolas. A chaque fois qu'il trébuche, la laisse qu'il a autour du cou se tend, le collier l'étrangle, mais il se relève et recommence à courir autour de son piquet de fer...La nuit est tombée, il fait horriblement froid dans le jardin et l'enfant a 10 ans, n'a qu'un slip pour tout vêtement. Il claque des dents. Sa respiration forme des nuages de vapeur dans le noir. Et il tourne, inlassablement. Dans sa ronde infernale, il voit se succéder la façade en crépi rose de la maison, la palissade en cannisses, la niche vide du chien, le tas de ferraille, la fenêtre des voisins, la façade à nouveau...Il y a quelqu'un derrière la vitre des voisins. Une dame. Elle le regarde. Elle a mis ses deux mains en visière devant ses yeux pour mieux voir, comme si elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il fait là, tout nu, dans l'obscurité, en plein mois de novembre, attaché par le cou à une laisse. Soudain, la porte de la maison s'ouvre. Un rectangle de lumière éclaire l'enfant transi de froid. C'est le père qui vient de surgir. Va-t-il lever la punition ? Non.
-Ça t'apprendra à ne pas vouloir prendre ta douche ! lance-t-il.
Puis la porte se referme, la nuit retombe sur Nicolas comme un rideau glacé. Il se remet à courir. Il ne sent plus ses pieds. La dame a disparu derrière la fenêtre. Elle a descendu son store blanc comme pour dire : "Ce qui se passe à coté, ce ne sont pas mes affaires." Et Nicolas continue à tourner, aussi seul au monde qu'on peut l'être. Attaché à son piquet comme un chien, il sait qu'il ne peut compter sur personne pour l'aider. Sauf sur lui-même.

Partie 1 : Cinq enfants négligés, mal vêtus

La famille D. s'est installée en 2005 à Saint-Herblain (ville située à l'Ouest de Nantes), dans un pavillon construit sur le même modèle que les autres du quartier. Une pièce à vivre au rez-de-chaussé, trois chambres en haut, un carré de pelouse sur l'avant, un jardinet derrière. Le père a été poseur de fenêtre, il est maintenant chef d'équipe. On le voit partir tous les matins au volant d'une voiture signée au nom de son entreprise. Taille moyenne, cheveux châtain-roux dégarnis sur le dessus, pas bavard. Sa femme reste à la maison. Petite, les cheveux ternes, toujours vêtue de robes informes, elle fait négligée. Et ses enfants ne sont guère mieux lotis. Ils se repassent leurs vieux vêtements d'une année sur l'autre. Ils étaient trois quand la famille a emménagé : un petit garçon de 6 ans et deux fillettes de 11 ans et 4 ans. Puis, une autre fille est née en 2006, et un autre garçon en 2008. On entend toute cette marmaille crier dans le jardin après l'école jusqu'à ce que le père rentre du travail et crie encore plus fort :
-C'est pas bien fini tout ce boucan ? Fichez-moi le camp, dans vos chambres !

Partie 2 : Un père violent, une mère complice.

Alors, les portes claquent, les volets se ferment et on n'entend plus un bruit jusqu'au lendemain. Voilà, de l'extérieur, tout ce que l'on sait de cette famille. A l'intérieur, des murs, c'est une histoire effrayante. Un père violent, une mère complice. Et au milieu, cinq enfants affamés, maltraités. Des cinq, c'est le petit Nicolas, qui fait office de souffre-douleur. Quand il entend la voiture de son père rentrer, le soir, il reste dans son coin en tremblant et retient son souffle, comme si sa respiration allait le rendre invisible. Mais ce n'est pas le cas, hélas. Un seul regard du père et c'est parti. Tous les prétextes sont bons pour frapper Nicolas, à coup de poing, de pied, de tringle à rideau. Un soir de 2007, ils se déchaînent. Ils frappent l'enfant à coups de ceinturon sur les jambes, le ventre, les fesses. Nicolas hurle de douleur. Il essaie de se réfugier derrière la table, derrière le fauteuil, et finit par s'accroupir, la tête dans les bras. Sa mère assiste à la scène sans broncher. La "punition" dure dix interminables minutes. A la fin, l'enfant ne crie plus, il n'en a plus la force. Il reste recroquevillé dans un coin, les joues barbouillées de larmes.

Partie 3 : Une brutalité qui n'a plus de limites

Le lendemain, sa mère fait remettre un mot à la maîtresse par sa grande sœur : "Nicolas est malade". En réalité, le petit n'est pas montrable. Violences physiques, violence psychologiques. Son père lui raconte qu'il va l'abandonner dans une forêt ou sur le bord de la route. Il menace de lui couper le sexe s'il continue à faire pipi au lit. Pendant 5 ans Nicolas est privé de Noël et d'anniversaire, "parce qu'il est puni". Et si quelqu'un, tante ou grand-mère, lui offre un jouet, le père le brûle dans le jardin.
-Ça t'apprendra à obéir !
Son frère et ses sœurs reçoivent également des coups, des claques, des fessés. Comme lui, ils sont privés de nourriture pendant deux ou trois jours s'ils ne respectent pas "les règles". Pris dans ce tourbillon de violence, les pauvres enfants ne disent rien à personne. Ils ont trop peur. Leur père les a avertis :
-Le premier qui parle, je le tue !
La brutalité de cet homme n'a plus de limites. Nicolas est en première ligne. Un soir, son père lui fait couler de la cire chaude de bougie sur les fesses, avant de brancher la ponceuse électrique pour la décoller ! Le petit hurle tellement qu'il faut monter le son de la télé pour couvrir ses cris. Cette fois, il n'ira pas en cours pendant plusieurs jours. "Il est malade" écrit encore sa mère dans un mot d'excuses pour l'école. Ce que subit cet enfant est à peine croyable. Son bourreau ne cherche même plus de prétextes pour lui faire du mal, c'est devenu comme un besoin sadique. Douche glacées, écartèlement, asphyxie, les "expériences" sont poussées jusqu'à l'évanouissement de la victime. Il enveloppe Nicolas de papier cellophane en laissant juste dépasser le bout de son nez et le plonge dans la baignoire remplie d'eau glacée. Le petit est en syncope, les lèvres violacées, quand il le retire de là. Et une fois de plus, la mère a assisté à son calvaire sans bouger. Pas une fois, elle ne prendra sa défense, pas une fois en l'entend pleurer la nuit, elle ne viendra dans sa chambre le consoler, aucune compassion. Ni pour lui, ni pour ses autres enfants.

Partie 4 : Un cauchemar sans issue

Nicolas, 11 ans quand il voit sa sœur aînée se faire violer par leur père. Puis, la plus jeune subit des attouchements. Il n'y a pas d'issue au cauchemar de ces petits malheureux, sauf par la mort, peut-être. Nicolas la frôle un jour de 2010 quand son père le saisit par le cou, le soulève et le plaque contre le mur de la chambre. Il le maintient ainsi pendant trois minutes, les pieds au-dessus du sol, la main comme une tenaille autour de sa gorge. L'enfant change de couleur, il ne parvient plus à respirer. Il entend sa sœur hurler.
-Arrête ! Lâche-le ! Lâche-le !
Des étoiles dansent devant les yeux, tout s'obscurcit. Avant de perdre connaissance, il entend sa sœur crier à sa mère.
-Mais fait quelque chose, tu ne voit pas qu'il va le tuer ?
Et la réponse tombe terrible :
-Ça ne me regarde pas.

Partie 5 : "Ce ne sont pas nos problèmes"

Quand Nicolas reprend connaissance, son père est en train de lui donner des gifles pour le faire revenir à lui. Le garçonnet gardera un col roulé pendant des jours pour cacher les marques de strangulation. Mais personne ne voit rien...comme s'il était normal que Nicolas soit en slip dans le jardin, en plein mois de novembre, attaché par le cou à son piquet comme un chien ! Il suffirait que la voisine, qui a tout vu, décroche son téléphone pour que le calvaire du petit s'arrête, mais elle ne fait rien.
-On a déjà assez de nos propres problèmes pour s'occuper de ceux des autres, dira-t-elle plus tard.
Cinq enfants en danger de mort, aux mains d'un couple de dingues. Et personne pour les sauver. Eh bien si, finalement il y a quelqu'un : Nicolas lui-même. Le petit garçon décide de prendre son destin en main et de se sauver. Le 18 octobre 2010, il s'enfuit de la maison et va dénoncer ses parents au commissariat. Le 21 octobre, une dizaine de voiture de police foncent vers le domicile du couple cinglé. Le couple est placé en garde à vue. Les enfants sont arrachés à leur enfer. C'est fini. Grâce à un petit bonhomme de 11 ans, le cauchemar est terminé.

Partie 6 : Ils ne sont plus que deux ombres

Nicolas était présent au procès de ses parents, qui vient de se tenir devant les assises de Nantes. Une épreuve, pour lui. Il ne les avait pas revus depuis sa fuite, il y a plus de 2 ans, mais il a tenu à venir témoigner...et le voici à la barre, très pâle, le ventre noué. Il les regarde droit dans les yeux et ce sont eux qui baissent la tête. Il répond à toutes les questions du président, sans rien esquiver, et raconte dans un silence ému les tortures que lui ont fait subir ceux qu'il n'appelle jamais papa et maman mais "lui" et "elle".
-Tu sais pourquoi ils te faisaient ça ? lui demande le président Pannetier.
-Je ne sais pas, non. J'aimerais bien comprendre...
-Tu ne t'étais jamais confié à personne avant de t'enfuir ?
-Non. J'avais peur que ça se retourne contre moi. Ils m'auraient tapé encore plus.
-Comment vis-tu le procès aujourd'hui ?
-Je suis content de les avoir dénoncés. J'ai pas regrets. Je suis content qu'ils soient condamnés. Enfin, je l'espère...J'aimerais qu'ils soient autant condamnés l'un que l'autre.
-Tu sais que ce n'est pas possible ?
Oui, son avocat lui a expliqué : la mère est poursuivie seulement pour non dénonciation de crime, elle n'encourt que 3 ans de prison. Nicolas comprend mal pourquoi, mais il paraît que c'est la loi.
-Je sais, oui.
-Tu pense revoir tes parents après ?
-Non. Je n'en ai pas envie. C'est comme si je les avais déjà oubliés.
Et l'enfant regagne bravement le banc des parties civiles, où l'attendent son petit frère et ses sœurs...
Le père a été condamné à 30 ans de réclusion avec une période de sûreté des deux tiers de la peine. La mère a 3 ans de prison pour non dénonciation de crime, la peine maximale. Les enfants n'ont pas eu un regard pour eux quand on les a emmenés, comme s'ils n'existaient déjà plus. Deux ombres sinistres à effacer de leurs mémoires. Les frères et sœurs se tenaient par la main, tous les cinq. Ils pleuraient et riaient en même temps...ce sont eux qui changent le monde. Et qui, parfois, le rendent moins moche.

P.S : Issue d'une histoire vraie sur le livre DÉTECTIVE (magazine d'enquêtes)
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